Domaine du Colombier

Domaine du Colombier - Forum non-officiel relatif au jeu Royaumes Renaissants
 
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 Chapitre 1: Survie

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John Anderton
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MessageSujet: Chapitre 1: Survie   Lun 24 Juin - 18:11

Wang Qianlong s’était réveillé dans une petite pièce sombre. Il avait dormi dans une couchette peu confortable alors qu’il portait un beau costume taillé sur mesure. Il n’avait plus porté de vêtements aussi luxueux depuis longtemps. Avait-il jamais porté un costume Armani sur mesure à 1500 dollars une fois dans sa vie seulement ? La petite salle de repos dans laquelle il se trouvait n’avait pas de fenêtre alors il regarda l’heure à sa montre de luxe plaquée or. Il était six heures, le jour devait être levé à la saison. Il se rafraîchit à un lavabo de métal en passant un peu d’eau sur son visage avant de s’asseoir quelques instants.


Il en profita pour fouiller la poche intérieure de sa si chère veste pour en sortir un épais portefeuille. A l’intérieur il y avait ses papiers d’identité, un pass d’une importante société minière chinoise à son nom au service commercial, plusieurs cartes de crédit, à peu près cinq cents dollars, un abonnement à l’opéra et une carte du Parti Communiste Chinois. Pour un peu il aurait pu entendre dans sa tête la voix de l’homme qui l’avait exilé sur la Lune lui dire qu’il devenait enfin respectable même si ce n’était qu’un rêve. Besoin pour calmer son anxiété ? Simple réflexe ou habitude ? Lui seul savait pourquoi il s’allumait une cigarette sortie de l’étui d’argent de la poche droite de sa veste.

On vint frapper à la porte et un homme en costume noir entra dans la pièce en s’inclinant devant lui. Gardant la tête basse pour délivrer son message, Wang comprit facilement qu’il avait une position supérieure à la sienne.

« Monsieur Qianlong, Maître Wutang souhaiterait s’entretenir avec vous. Si vous voulez bien me suivre s’il vous plaît. »

Bien évidemment le souhait avait tout d’un ordre et il n’était pas difficile de comprendre que c’était son patron qui voulait le voir. Passant quelques couloirs de cette installation visiblement souterraine, ils entrèrent dans un bureau bien plus spacieux que sa modeste couchette. Le fauteuil derrière le bureau pivota vers la porte d’entrée pour faire face à Wang. Monsieur Wutang, la cinquantaine grisonnante mais portant élégamment le costume de directeur général de la région Océanie, accueillait avec enthousiasme son jeune compatriote.

« Ah Qianlong, je suis très heureux de vous voir cher collaborateur ! Avez-vous pu vous reposer tranquillement dans la modeste couchette que nous avons pu vous trouver ? Cigare ? Whisky ? »

Wutang était un peu trop amical pour être honnête. Il profitait de son allure charismatique et d’un talent oratoire certain. Selon les références du début du siècle, beaucoup le surnommaient le George Clooney chinois. Toutefois ces mêmes personnes s’accordaient à dire que lui n’aurait milité pour l’arrêt des atrocités au Darfour que si ça lui avait permis d’exploiter un vaste dépôt minier dans son sol. Le sourire mielleux du patron s’effaça rapidement pour laisser place à un visage bien plus sérieux et renfermé.

« J’ai un problème mon cher Wang. Voici déjà plusieurs semaines que nous sommes coincés dans notre nouvelle usine d’extraction minière suite à cet orage électromagnétique. Nos communications avec l’extérieur sont impossibles et les gens que nous avons envoyé depuis ne sont toujours pas revenus. Il me faut quelqu’un de compétent pour aller nous chercher du soutien. Nous ne pourrons pas tenir éternellement sur nos réserves et Pékin tarde à venir nous chercher. Vous pourrez demander ce que vous voulez à l’intendance de la mine suivant les stocks restants mais vous n’avez pas le droit à l’erreur alors revenez vite avec nos hommes. »

Finalement il sourit à nouveau avant d’ajouter.

« Vous savez que je vous verrais bien directeur commercial de la province de Jiangsu ? Sitôt que je serai rentré au pays grâce à votre aide, je verrai à appuyer votre candidature. Je pense que mes amis du parti qui cherchent une nouvelle tête prometteuse pour incarner l’avenir politique de la préfecture de Nankin seraient doublement interressés si vous voyez ce que je veux dire… Vous savez ce que vous avez à faire n’est-ce pas ? Ne me décevez pas, je compte sur vous. »

Un subtil mélange de menace assortie d’une très belle carotte pour vous faire courir, ajoutez-y un soupçon de culpabilisation et vous obtenez la recette miracle de Wutang. Wang n’avait pas trop le choix mais il pouvait s’interroger sur ses chances de réussite là où d’autres n’étaient pas revenus avant lui. Un costume à 1500 dollars faisait belle impression auprès de clients mais ne vous protégeait pas des dangers de l’espace sauvage australien après tout. Finalement il n’était pas si mal dans cette mine de charbon ou d’uranium. On lui indiqua le chemin de l’intendance pour préparer son expédition.

*****

Rachelle Vincent quittait les bras de Morphée, ouvrant les yeux sur sa chambre personnelle. Par chance elle se réveillait seule ce qui éliminait pas mal de problèmes d’entrée pour une fois. En même temps elle occupait un lit de camp dans une tente de 15 m2 à moitié remplie de matériel. Elle se leva comme tous les matins et enfila machinalement un survêtement et un leggings par-dessus sa brassière et son shorty. La lumière du jour était encore très faible dehors. L’aube pointait à peine mais il faisait déjà chaud. Avec 20°C de température minimale encore ce petit matin, elle n’avait pas de mal à comprendre pourquoi elle dormait et s’habillait en tenue si légère. Allait-elle partir faire un jogging vêtue de la sorte ?

Sa mémoire musculaire, même si rêvée, semblait l’indiquer en tout cas. Elle fit les quelques mètres qui la séparaient de l’entrée de sa tente avant d’en ouvrir le pan pour sortir au grand air. Sur quelques pas, Rachelle pouvait sentir la pierre à température ambiante sous ses pieds nus. Ses yeux ne s’étaient pas encore tout à fait habitués à la forte luminosité naissante du soleil qui se levait devant elle. En dehors des autres installations d’un vaste campement dont elle faisait partie, elle distinguait parmi l’espace sauvage autour, un monticule impressionnant. Quand elle put le détailler distinctement, elle savait exactement où elle se trouvait, dans un site terrestre unique. Ils avaient planté leurs tentes près d’Ayers Rock !
Le camp commençait à s’activer peu à peu mais les gens s’affairaient encore dans leur tente alors Rachelle retourna dans la sienne pour patienter et faire un état des lieux de sa chambrée. La majorité du matériel était scientifique, des plus basiques instruments aux plus élaborés des engins portatifs. En consultant rapidement ses notes elle constata qu’elle jouait le rôle de sa vie, comme si ce fichu casque avait facilement su la lire pour l’introduire dans ce monde. Une petite penderie renfermait ses vêtements, tous fonctionnels sauf une petite robe qu’elle devait avoir pris si une occasion spéciale se présentait. Le reste n’était que pantalons ou shorts en jeans, sous-vêtements sobres et chaussettes déposés au dessus d’une solide paire de chaussures de marche.

Alors qu’elle passait en revue ses chemisiers, seule touche féminine à sa tenue de travail, son regard se posa sur un ordinateur portable posé sur une petite table. Elle s’installa confortablement pour le consulter. Le mot de passe habituel lui permit d’ouvrir sa session, preuve qu’il s’agissait bien de son bien. Elle consulta rapidement les premiers résultats de ses recherches de terrain pour en évaluer la progression. C’était pas mal mais il n’y avait encore rien de très novateur. Un dossier verrouillé sur le bureau attira sa curiosité. Là encore elle trouva le mot de passe du premier coup, celui des espoirs secrets, l’année du Nobel de Curie. Une cinquantaine de vidéos étaient stockées à l’intérieur, elle lança la première.

« Rachelle Vincent, chercheur en biologie au CNRS. Si vous n’êtes pas une magnifique brune d’1m80 à qui je ressemble, vous n’avez pas le droit de lire ceci… Bon ça y est ma grande, l’expédition est lancée et tu as gagné ton billet. Trois chercheurs français étaient sélectionnés pour rejoindre l’équipe internationale lors de l’année d’études à Ayer’s Rock et tu en fais partie. J’espère qu’en te réécoutant tu ne regrettes pas déjà ton choix de prendre Elisabeth en chargée de recherche pour t’assister. Je sais que tu voulais lui rendre service en lui permettant de se réaliser et de canaliser son jeune esprit brillant mais une fille aussi étourdie et frivole pourrait te coûter ton Nobel. Il y a une soixantaine d’esprits très brillants là, à toi de sortir du lot ! »

Visiblement elle avait tenu une sorte de journal vidéo de l’expédition. Il y avait des heures d’enregistrement à visionner mais elle put remarquer que les fichiers se faisaient quotidiens à partir d’une certaine date quelques semaines auparavant. Alors qu’elle allait lancer la vidéo charnière entre les deux, une voix de jeune femme se fit entendre à l’entrée de sa tente.

« Docteur Vincent, je peux entrer c’est Lizzie. Désolée de vous déranger mais j’ai remarqué que vous n’aviez pas été faire votre footing ce matin alors je suis passée voir si tout allait bien. Je sais que tout le monde est un peu à cran en ce moment. Si je peux faire quoi que ce soit pour vous aider, n’hésitez pas ! Vous êtes la patronne après tout ! Sinon bah… on se retrouve au petit déjeuner dans trente minutes comme d’habitude ! »

L’assistante de Rachelle attendait les instructions de son chef avec une certaine impatience.
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Rachelle Vincent
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Mar 25 Juin - 22:55


    "C’est fou ce bazar ! Bon Dieu, où la vieille a t-elle été dénicher les programmes de ce casque ?"

Si Rachelle avait imaginé une seconde que sa grand-mère farfelue lui avait adressé un casque légal, ses derniers doutes auraient été balayés.

    « Voilà un programme qui prévoit que j’allais introduire en rêve des repères pour me guider dans mon rêve! Dingue.»

Et Rachelle parlait à Rachelle. Et Rachelle se posait des questions.

    « Mais qu’est ce que je fiche ici, en plein cœur de l’Australie, sur un site géologique unique. Je ne suis ni géologue, ni géophysicienne, ni spécialiste en géotechnique environnementale. Il y a quoi ici ? Une faune et une flore particulière, peut-être des fossiles mais rien qui concerne une biologiste généticienne. Et si je n’étais pas généticienne ici ? ».

Et maintenant cette Lizzie était plantée là à attendre elle ne savait quoi. 

    « Merci Lizzie, je n’ai pas besoin de vous pour l’instant. Je vous donnerais le plan de travail de la journée pendant le petit dej. »

La Rachelle de la vidéo avait dit "tu voulais lui rendre service en lui permettant de se réaliser… » La Rachelle plantée devant l’écran haussait les épaules. Si elle avait fait venir Lizzie c’est que celle-ci pouvait lui être utile… elle n’était pas du genre à perdre son énergie pour rendre service à qui que ce soit. « Il me reste une demi heure pour comprendre ce que je fiche ici ! ». Elle s’assit devant le portable « Je suis organisée, j’ai dû laisser des indications facilement trouvables » En réalité Rachelle était une maniaque de l’ordre, à la limite de l’obsession.

Elle examina les fichiers parfaitement ordonnés, aux titres évocateurs, et fit défiler les documents et les vidéos à grande vitesse à la recherche de la réponse ou de suffisamment d’indices pour éviter les impairs. Les instruments qui encombraient sa tente pouvaient aussi lui apporter des réponses.
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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Mer 26 Juin - 22:01


Avant de tirer sa carte du Parti Communiste Chinois de son portefeuille, Wang s'était réellement cru dans un rêve. Mais il n'en était rien, même dans cet imaginaire conçu certaines notions vous poursuivaient, comme elles vous poursuivaient dans votre existence surveillée, elle venait s'insinuer dans l'intimité de vos rêves pour mieux dilapider votre espoir d'une vie meilleur, à travers l'imaginaire. Étrangement, il appréciait son costume hors de prix. Était-ce parce-que hormis lors de quelques entretiens d'embauche que des patrons n'ayant pas lu son dossier lui avaient accordé il n'en portait jamais? Celui qu'il avait porté le plus longtemps avait été acheté pour l'enterrement de ses parents. Il le brûlera le lendemain.

Il avait rendez vous avec un certain Maître Wutang , son supérieur hiérarchique en Océanie, pouvait il lire dans le bureau. Il n'était jamais venu en Océanie se disait il, d'ailleurs il n'avait quitté la Chine que pour gagner la Lune, les autorisations de voyage étant impossibles à obtenir pour lui. En cela le rêve lui apportait des horizons immenses, il voyait déjà les étendues désertiques, les plages bordants la mer de Corail, Sydney que l'on disait si belle, ou bien la verte Nouvelle Zellande. Ainsi quand Wutang lui demanda si il avait bien dormi il n’eut pas de mal à lui sourire en répondant " Oui j'ai bien dormi" ce après quoi à sa proposition de boire un whisky et de fumer un cigare il accepta également. Après tout d'ordinaire il ne roulait pas suffisamment sur l'or pour consommer de tels produits, son coté radin parlait. Dans les pots de départ Wang passait toujours son temps seul collé au buffet à dévorer les petits fours, c'était gratuit pourquoi se priver? Cela les rendait encore meilleurs.

Il prenait doucement le cigare, et après en avoir coupé l'extrémité il l'alluma puis écouta son supérieur lui parler d'un orage électromagnétique qui rendait des installations inutilisables et sans communications. Une équipe y était allée sans revenir, c'était donc à son tour. Cela n'était pas sans lui faire penser aux opérations de maintenance lunaire qui ponctuaient ses longues journées de travail, alors il but quelques bonnes gorgées de whisky. On lui promettait de l'avancement, cela il n'était pas contre, mais aussi on lui faisait miroiter un avenir Politique au PCC. De mieux en mieux, c'était comme demander à un prisonnier qui veux sortir de sa geôle de devenir maton.

Il termina son entretiens, et après avoir remercié l'homme grisonnant du ton taciturne qui avait toujours été le sien il traversait l'installation minière souterraine  pour se rendre à l'intendance.  il n'imaginait pas une seconde faire le trajet autrement qu'en voiture, ainsi il demanda à l'intendant ce qu'il lui conseillait pour se rendre " à la nouvelle usine d'extraction" dont il ignorait encore l'emplacement, tout comme sa position géographique actuelle.
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John Anderton
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Sam 29 Juin - 20:24

Lizzie avait compris que ce n’était pas le bon matin pour discuter entre filles. Elle avait cru qu’elle s’était rapprochée de Rachelle après l’autre soir mais il semblait bien qu’il n’y avait pas vraiment d’amitié créée finalement. A y réfléchir elle se dit que même si elle avait été renvoyée dans son coin, sa patronne était restée très polie alors qu’elle semblait préoccupée. La situation n’aidait pas à reposer les esprits en même temps, le camp était au bord de la rupture depuis plusieurs semaines déjà. La jeune chargée de recherche se pressa pour prendre sa place à l’espace repas en espérant qu’ils auraient un petit déjeuner digne de ce nom aujourd’hui.

Rachelle s’était déjà lancée à corps perdu dans la consultation de tous ses documents. Elle chercha d’abord tout ce qui concernait ses recherches pour en déterminer le but. Au bout de dix minutes, elle savait exactement de quoi il retournait. Visiblement elle étudiait la faune pour essayer d’isoler un facteur génétique à la résistance naturelle à la chaleur des espèces animales vivant ici. Avec le réchauffement climatique, l’homme se devait de trouver des solutions pour s’adapter à son environnement changeant, sans compter les projets d’extension des colonies extra planétaires. L’étude de terrain était faite pour recueillir prélèvements, échantillons voir cobayes et déterminer si la mutation était liée à l’environnement.

La scientifique savait que les transhumanistes étaient souvent des personnes riches et influentes. Elle était persuadée qu’elle devait le financement de ses travaux ici à des gens de ce calibre et elle se gardait bien de critiquer les motivations quand on lui permettait d’abonder dans ses ambitions. Après tout, seuls de puissants mécènes avaient les moyens de dépenser les sommes considérables pour développer la thérapie génique. Visiblement elle avait poussé ses recherches un peu plus profondément dans le règne animal sur celui le plus évolué. Quelques fioles et analyses de sang montraient qu’elle avait fait quelques prélèvements chez des aborigènes du coin, sans doute sous couvert d’une campagne de vaccination et de prévention. Un détail.

Le temps passant plus vite qu’elle ne l’aurait voulu, elle se replongea au plus vite dans ses vidéos. Leur dénomination facilitait la recherche puisqu’elles étaient triées par date. Elle put ainsi remarquer une vidéo manquante qu’elle rechercha sur son ordinateur. L’enregistrement avait été envoyé à la corbeille mais par chance le fichier n’avait pas été écrasé. Il datait de plusieurs semaines et elle comprit rapidement pourquoi elle avait voulu s’en débarrasser. A l’écran elle apparaissait un peu éméchée mais apprêtée dans la robe qu’elle avait trouvé quelques minutes auparavant. Elle se démaquillait devant la caméra tout en parlant. Le contenu de ses propos couplé à son état d’ébriété en auraient choqué plus d’un et l’effet aurait été pire que si elle avait tourné une vidéo pornographique amatrice comme toutes les stars du showbiz.

« Fiasco total… Je veux bien que tu n’aies plus vingt ans ma pauvre fille mais de là à perdre contre un phénomène météo… Pourtant tu avais sorti l’artillerie lourde, regarde-toi ! » Elle releva un peu sa poitrine dans son décolleté pigeonnant et entreprit de tourner sur elle-même devant la caméra. Manquant de perdre l’équilibre et de tomber, elle se décida à se rasseoir devant l’ordinateur. « L’autre pervers de Casanova des Abruzzes il t’aurait bien sauté dessus lui mais c’est pas Domenico que tu visais, c’est João ! Le plan était simple, plutôt que d’avoir à partager tes recherches avec le clan brésilien qui bosse sur la flore, tu n’avais qu’à pouvoir jeter un œil de manière détournée sur leurs travaux. Ce n’est pas la première fois que tu joins l’utile à l’agréable, ne joue pas l’innocente ! Elle commença à se relever et entreprit de se déshabiller maladroitement pour rejoindre son lit de camp. « Regarder le ciel plutôt que mon décolleté… Je t’en foutrais des orages magnétiques… Ils n’avaient qu’à aller en ville s’ils tenaient tant que ça à le voir de près… moi j’ai déjà vu des feux d’artifices plus impressionnants que ça au 14 juillet ! Et la vidéo se coupa.

Manquant de temps pour méditer sur ce qu’elle venait de voir, Rachelle entreprit d’ouvrir la dernière vidéo en date pour avoir la situation la plus récente à sa disposition. Elle datait de la veille et le ton de son contenu était bien plus sévère et retenu.

« Cela fait déjà plusieurs semaines que nos moyens de communications restent muets, depuis le lendemain de ces orages en fait. Nous ne recevons plus les fonds de l’expédition et nous en sommes maintenant à troquer le matériel superflu contre des vivres et des produits de première nécessité aux aborigènes après avoir épuisé nos ressources financières personnelles. Un premier groupe de chercheurs s’était porté volontaire pour faire le chemin jusqu’à la ville la plus proche mais ils ne sont toujours pas revenus. Ils ne seraient pas retournés chez eux sans revenir nous prévenir… Tout ceci est inquiétant puisque nous ne pourrons pas rester éternellement isolés et nos moyens s’épuisent. Les gens s’impatientent et la situation risque de dégénérer rapidement si nous ne trouvons pas une solution…

La demi-heure était déjà écoulée et Rachelle ne s’était pas changée. Allait-elle prendre le petit déjeuner en tenue de sport ? Se faire porter pâle pour essayer de visionner ses vidéos ? Aller à la rencontre des autres membres du camp pour se renseigner en direct ? Son estomac, lui, semblait se rappeler à son bon souvenir dans un gargouillis peu distingué pour une femme de sa classe. Elle trouverait peut-être un truc mangeable entre deux prélèvements dans son mini frigo… Il fallait qu’elle se décide sur la marche à suivre et mette de l’ordre dans ses idées maintenant. De toute façon il ferait encore tellement chaud à midi qu’elle devrait se mettre à l’ombre à nouveau.

*****

Le complexe de la firme chinoise pour laquelle travaillait Wang était situé en Australie Occidentale, près d’un bled paumé appelé Warburion Community. Riche en minerais précieux, le coin n’en était pas moins très éloigné de la civilisation, dans l’outback proche du nord-ouest du Grand Désert de Victoria. L’intendance se trouvait vers l’entrée du complexe souterrain dont la superficie était étonnante pour une structure enterrée même si elle restait minime par rapport au Montréal souterrain qui restait la référence.

Un homme en costume sombre attendait Wang devant la porte. Il reconnut un de ses collègues dans des souvenirs flash qui lui revinrent en avançant vers lui. Liao Chen avait été devancé sur la promotion qu’il visait au sein du service commercial le mois dernier par Wang qui était vraisemblablement en odeur de sainteté auprès du grand patron. Chen avait été furieux mais contenait sa rage en lui attendant son heure. Il la voyait arriver par cette opportunité unique de court-circuiter son grand rival. Il lui tendit un sac contenant quelques affaires.

« Je suis passé voir le patron et il m’a parlé de ta grande mission. Je suis sûr que tu vas très bien t’en tirer comme d’habitude… J’ai bien entendu insisté pour te préparer moi-même une partie de ton matériel pour être sûr que tu ne manques de rien. La route jusqu’à l’aéroport le plus proche est quand même très longue même si ce n’est pas Perth ou Adélaïde. En remontant la route vers le nord-est, tu finiras par tomber sur Alice Springs après avoir passé Uluru entre autres. Ça ne fait que 900 kms, tu devrais y arriver assez vite et revenir dans quelques jours. Bon courage…

Dans le sac de voyage il y avait une semaine de nourriture, un nécessaire de premiers secours, une corde, une pile électrique et un revolver à grenaille pour effrayer les dingos avec deux munitions. Chen s’était donné le beau rôle du camarade dévoué en lui offrant officiellement des moyens d’orientation pour éviter qu’il ne se perde. Wang lui pu vite constater que la carte routière avait 20 ans d’âge et que la boussole si elle n’avait pas de verre protecteur pourrait tout autant servir de ventilateur avec les restes de l’orage magnétique.

Le vieil intendant s’empressa de savoir si Wang avait une demande spéciale de matériel supplémentaire alors que Chen lui montrait son véhicule. Il n’allait pas faire 900 kms à pied si près du désert alors on lui avait dégoté un vieux tout-terrain digne d’une hotchkiss. A l’arrière deux jerricanes de vingt litres de carburant ainsi qu’un bidon d’eau de dix litres étaient attachés à côté d’une tente et d’un sac de couchage. Wang n’avait plus qu’à décidait s’il était prêt à partir et décider de son itinéraire et de sa première destination.
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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Dim 30 Juin - 0:55



 Des souvenirs imprégnés arrivèrent à Wang quand il rencontra l'homme en costume sombre . C'était Liao Chen, qui avait toutes les raisons d'être son meilleur ennemi. Il avait toutes les raisons de le détester mais se présentait sous un jour favorable, Wang décidait de lui montrer qu'il n'était pas dupe tout en tâchant de désamorcer toute volonté de sabotage de son voyage. " "Merci Liao je ne manquerais pas de faire part à Maitre Wutang de votre application particulière dans cette affaire. Qui sait si je quittais l’Océanie il se pourrait que ma place vous revienne , quoi qu'il en soit si tout se passe bien pour moi et donc pour la nouvelle usine d'extraction, il y aurait pour cela d'assez bonnes probabilités."

Un subtil mélange d'hypocrisie assortie d’une très belle carotte pour vous faire courir, ajoutez-y un soupçon de fausse naïveté et vous obtenez la recette miracle de Wang.

La route promettait d'être éprouvante. Ainsi il devait parcourir 900 kms avec une semaine de nourriture et un vieux tous terrains. Il devrait suivre le rythme de 128 kilomètres par jours ce qui semblait en théorie tout à fait réalisable. Comme l'intendant lui demandait s'il voulait acquérir du matériel supplémentaire, il n'hésita pas bien longtemps pour dire oui tout de même. Il avait vu sur la carte qu'ils étaient prés du désert, et une panne du véhicule serait malvenue, i l devait donc prévoir le nécessaire si les choses ne se passaient pas comme prévu.  Il rédigeait une liste pour le vieil intendant, et se disait prêt à payer pour quelques éléments de plus. Après tout ces 500 dollars qu’il lavait en poche ne se mangeraient pas s'il tombait en rade dans le désert...

Liste de Wang a écrit:

-Un vieux manteau couvrant bien le corps, en cas de tempêtes+ chapeau/casquette
-Un briquet zippo
-2Kg de riz
-1 jerricane de 20 l d'eau supplémentaire.
-Des bandelettes de tissu
-Des antidotes aux venins d’animaux vénéneux d’Australie.
-Lunettes de soleil


Après que Chen lui ai montré sa voiture, il dessina sur le capot son trajet qu'il emprunterait, des pistes plus que de véritables routes. Il passerait au sud du lac Throsse et gagnerais Warbuton pour une halte  par la Great central road .  Après quoi il continuerais sur la Great central qui se transformerait en la piste Tjukaruru jusqu’à l'Ayers Rock. Il était véritablement enjoué de pouvoir faire un tel voyage en solitaire, cela correspondait tout à fait à sa nature et à son envie de dépaysement. Bien décidé à arriver à bon port il chaussa ses lunettes de soleil et le véhicule s'élança dans l'outback laissant derrière lui une trainée de poussière rougeâtre.
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Rachelle Vincent
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Dim 30 Juin - 16:26

« La cantine, c’est là que je suis attendue autant par Lizzie que pour mon estomac. La tenue de sport fera l’affaire. »

Rachelle déconnecta l’ordinateur vérifia la température du frigo et des conteneurs à prélèvements. Tout était en ordre. Les deux batteries affichaient presque la pleine charge et c’était l’essentiel.

Elle sortit nettoyer les petits panneaux solaires sur lesquels la poussière restait collée à cause de l’humidité nocturne. Lizzie n’y pensait jamais, pourtant il était essentiel que les batteries fonctionnent : la bonne marche du matériel en dépendait comme la conservation des prélèvements sans parler du purificateur d’eau.

Maintenant que Rachelle s’était située, la « mémoire programmée» que conférait le rêve l’imprégnait doucement.
Le camp était installé près de la source de Mutitjulu, à la base d'Uluru, seule source permanente mais son eau était très chargée en minéraux ferreux et nécessitait un traitement pour être utilisable.

On était en février et l’été de l’hémisphère Sud allait s’achever, les pluies avaient été abondantes et la végétation était fournie tout autour de l’énorme monolithe de presque 10 kilomètres de circonférence qui s’élevait de 350 mètres au dessus d’une plaine plate à la végétation pauvre.
Le sol rocheux retenait la pluie à Uluru, permettant à une faune exceptionnelle d’y vivre et à une riche végétation de s’y développer durant une grande partie de l’année.
« De quoi boire et manger en attendant que ces tarés reviennent. Pourvu qu’il n’y ait pas eu un coup d’état ou un truc du genre».
Il arrivait parfois que des groupes révolutionnaires s’en prennent à des voyageurs. Mais le sort de l’équipe qui devait rejoindre la civilisation l’indifférait. Le fruit de ses recherches était la seule préoccupation de Rachelle, bien avant son propre confort et sa sécurité même.

Le soleil matinal nimbait Uluru d’une couleur ocre rosé. La grande tente commune était plantée à quelques dizaines de mètres.
« Allez ma fille, jette toi dans la fosse aux lions. »
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John Anderton
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Mer 3 Juil - 17:50

Wang profitait de sa liberté et de l’air pur malgré la chaleur qui commençait à se faire sentir. Le soleil était déjà haut dans le ciel, presque à son zénith alors la température passait les trente degrés à l’ombre maintenant. Bien que la vitesse de croisière de son petit tout-terrain ne soit pas si élevée, elle lui permettait de brasser un peu d’air en taillant la route sur la piste. Le vieil homme avait insisté pour qu’il prenne tout le matériel qu’il avait voulu en échange d’une lettre à remettre à sa petite fille restée à Alice Springs dans l’équipage du jet privé de la compagnie.

Alors que l’heure du déjeuner approchait, une chose rare fut portée à son attention. La piste était obstruée par un autre véhicule qui semblait en panne si l’on en croyait le capot relevé et l’homme qui s’affairait dessous. Que venait faire une limousine noire au milieu de nulle part ? Une personne en uniforme de chauffeur fit quelques grands signes avec les bras pour faire s’arrêter le providentiel Wang afin qu’il leur porte secours. Cela faisait maintenant plusieurs heures que leur moyen de transport les avait lâchés et ils n’avaient vu personne passer dans ce coin désert depuis.

A l’arrière de la voiture de luxe, Nathan Von Fatalis attendait avec impatience que son subordonné lui annonce qu’ils pourraient repartir. L’aéroport d’Alice Springs était un des rares à l’abri dans les terres australiennes et ses contacts lui avaient conseillé de fuir les grandes villes plusieurs semaines auparavant. Il avait suivi cette recommandation et maintenant s’il avait échappé à ces violents orages, il était néanmoins isolé dans ce désert sur la route de sa destination finale. Une fois sur place il pourrait rejoindre un pays moins désolé et hostile que cette île qui ne lui avait attiré que des ennuis pour le moment.

Conrad, son chauffeur et garde du corps, semblait s’agiter à l’extérieur. Il avait peut-être aperçu quelqu’un de passage qui pourrait aider son duc. Nathan relisait un ouvrage traitant de l’histoire de l’Australie à l’ombre des vitres teintées de sa voiture. Le mini bar commençait à être à sec tout comme les modestes provisions qu’ils avaient acheté à leur dernier arrêt mais le prochain site pour ravitailler où réparer n’était plus qu’à 150 kilomètres de là, Uluru. L’employé signala la présence de Wang à son maître et lui promit qu’il ne laisserait pas passer cette occasion pour qu’ils puissent repartir. C’était un type bien mais à la fidélité et à la dévotion un peu trop fortes ce qui pouvait l’amener à des solutions extrêmes pour son duc.

Wang allait-il s’arrêter pour aider ces gens ou allait-il privilégier sa mission et passer son chemin ? Nathan s’abaisserait-il à négocier lui-même avec l’inconnu pour obtenir son aide ou bien laisserait-il Conrad régler l’affaire quitte à ce qu’il emploie la manière forte pour obtenir leur ticket de sortie ?

*****

Rachelle rejoignait maintenant la tente commune où les scientifiques déjeunaient. Sur une desserte à l’entrée, elle pouvait se servir pour se restaurer. Il y avait du thé et du café à disposition ainsi que des morceaux de pain et des morceaux de chocolat. Les difficultés de ravitaillement devaient expliquer le peu de denrées disponibles mais il en restait en quantité à défaut de qualité. Elle put remarquer Lizzie qui lui faisait des signes en provenance du clan français. En la voyant, un homme d’âge mûr se leva et se dirigea vers le fond de la tente. Il fit tinter sa cuillère métallique contre sa tasse de café encore fumant pour demander l’attention de tout le monde. Il se mit à parler dans un anglais aux accents typiquement franchouillards.

- Mesdames et messieurs, chers confrères, il est temps d’effectuer notre nouveau vote. Les recherches sont au point mort pour une partie d’entre nous et nous n’avons toujours pas de nouvelles de l’extérieur. Nos collègues qui sont déjà partis ne nous ont pas contacté comme nous l’avions initialement prévu. Maintenant ce sont les délégations américaines et russes qui souhaitent nous quitter et j’ai promis de faire une annonce pour ceux qui seraient intéressés par prendre la route avec elles. Concertez-vous pendant le repas et nous ferons le compte à la fin du petit-déjeuner. Bon appétit à tous !

L’homme repartit à la table des Français tout en jetant un regard entendu à Rachelle. Ils attendaient qu’elle se serve et les rejoigne pour discuter de la suite des événements. Le professeur Bertin qui avait pris la parole était le doyen du campement et prenait donc la parole pour organiser la vie du camp. Du haut de ses 66 ans il avait plus d’expérience que n’importe lequel des scientifiques présents mais il respectait toujours l’avis de ses collègues. Le manque commençait à se faire sentir mais les privations n’étaient pas sur des produits vitaux c’est pour cela qu’il avait accepté la requête de Rachelle de continuer ses recherches.

La question revenait sur le tapis une fois de plus mais il avait appris à faire confiance en l’instinct de la (encore) jeune femme. En effet, depuis qu’elle avait sauvé sa femme atteinte d’une maladie génétique incurable avant ses travaux, il lui faisait une confiance aveugle. Rachelle n’avait pas que des côtés sombres, elle s’était parfois laissée aller à des manœuvres des plus limites pour faire avancer ses recherches mais elle avait obtenu des résultats inégalés jusqu’à présent. Pour cela il suivrait ce qu’elle dirait une fois de plus. Un éminent biologiste très proche d’une retraite méritée, son assistant dévoué, un géologue de l’université de Paris X et son ATER plus Lizzie, voila la délégation dont Rachelle faisait partie.

Rachelle se retrouva bousculée sans raison avec un mouvement instinctif de recul. Son « agresseur » s’était retourné sur elle, visiblement déçu d’avoir raté son coup. C’était Domenico, un chercheur de Florence à la peau halée, grand et musclé. Dans le campement on l’appelait Rocky en référence à ce personnage de film qui avait le surnom d’Etalon Italien. Un sourire en coin se dessina sur son visage et il reprit son chemin en distribuant quelques « Scusa » en se frayant un chemin. La généticienne put alors remarquer son petit jeu auquel elle venait d’échapper, un pur droit de cuissage avec une main aux fesses aux personnalités féminines de l’assemblée sous couvert d’une bousculade…

Il était temps de rejoindre les autres qui attendaient l’avis de Rachelle sur la suite des événements !
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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Jeu 4 Juil - 23:27

Wang roulait le  le long de la piste, le ciel bleu et la nature resplendissante et sauvage  s’offrant à lui. Il n'y avait pas à dire les choses les plus simples étaient les meilleurs.  Ses grosses lunettes noir  d'aviateur des années cinquante sur le nez et un chapeau blanc d'arbitre de cricket  de Kalgoorlie comme couvre chef , il fouillait la boite à gans tout en roulant, trouvant une cassette magnétique audio, ou en tout cas cela en avait l'air il n'en avait encore jamais tenu une dans ses mains. Par curiosité il l’insérait dans l'autoradio.


Ah! Oui décidément se disait il en souriant au soleil réchauffant sa peau de miel, les choses  plus simples sont vraiment les meilleurs. L'ancien propriétaire du véhicule avait bon goût. De cette chaleur il faisait glisser sa veste sur le siège passager pour ne garder que son T shirt blanc de la poche intérieur de la veste il pouvait voir la lettre du vieil intendant, Wang songeait que sa petite fille devait bien lui manquer pour qu'il lui offre ainsi ces quelques éléments qu'il avait demandé. C'était de petites choses, mais elles n'étaient pas gratuites, il lui devrait bien de veiller sur l'enveloppe comme au trésor des Ming.

Alors que son ventre l'appelait à ses obligations alimentaires, il constatait qu'un véhicule se trouvait sur le bas coté de la piste. Il ralentissait donc pour s’arrêter à la hauteur de celui ci, puis coupa le moteur et mis les clefs dans sa poche de pantalon. Il réajusta ses lunettes de soleil, il avait vraiment l'air d'un touriste et était incapable de s’arrêter de sourire. Il s'adressa à Conrad en Anglais, cela faisait quelques temps qu'il n'avait pas employé cette langue mais il l'employa tout de même. Il ne pensait pas que l'homme en face de lui comprenne l'Arabe qu'il aurait préféré utiliser. " Une petite panne on dirais, je suis pas un grand mécano mais je peux peut être vous aider?"
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Nathan Von Fatalis
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Ven 5 Juil - 17:29


Nathan était dans sa splendide demeure de Damstadt situé à Doomstadt sur Terre dans un coin reculé de la France, son ennui commençait à grandir pendant que la grande chaleur de l'été apportait un lot de bonheur au habitant. Assis à même son, lit il palpait du bout des doigts le casque des rêves. Un appareil si splendide qu'il serait dommage de ne pas en prendre partie pour s'évader dans un monde plus palpitant que les odieuses soirée mondaine de son père. En parlant du loup il avait expressément reçu une " invitation " pour une soirée se tenant demain soir. Pour le moment il avait amplement de quoi s'amuser et s'il essayait finalement ?

Il avait lut sur le net toutes la documentation des rêveurs, ce qu'ils y avaient vécus comment bien s'adapter dans un rêve, sa compréhension rapide* lui permettrait sans nul doute de s'adapter rapidement qu'importe le monde du rêve dans lequel il serait. le rêve Victorien mit en ligne par la compagnie semblait bien le tenter un moment, mais pour bien s'amuser pourquoi pas le rêve d'Australie cela ferait passer le temps agréablement. Se mettant en position couché il enfila le casque sans négliger de mettre les instructions d'usage pour que le rêve soit optimum. Après tout il faut toujours lire le guide d'utilisation d'un équipement avant de l'utiliser les petites clauses en plus. Puis payer pour l'édition ultime si il y en avait une permet d'avoir une chance de plus de son côté. Avant d'activer le commutateur du casque d'une voix et d'un ton qui aurait fait frémir plus d'une.


- Comme l'on dit ses partie pour la découverte..

Au début il semblait ne riens e passer puis la " magie " du casque fit son effet catapultant Nathan, ses désirs et sa noblesse déjà dans un monde post-apocalyptique. Les détails étaient sombres pour le moment, mais il se remémorerait bien assez tôt tout les détails. Abord d'une limousine escorté par son chauffeur et garde du corps Conrad lui permettrait de combler ses faiblesses. Et de rejoigne la civilisations de cet endroit et découvrir qu'elle périple pourrait t-il découvrir. Alors que la limousine était à L'arrêt après un très long chemin parcouru, Nathan était exaspéré par la situation que le rêve lui ait donné cet anicroche, mais la providence peut-être mit sûr son chemin un " jaune ".

Il laissa son chauffeur discuter un moment avec l'individu, puis prit dans le mini-bar une bouteille au hasard de la Vodka de marque Downunder, bon choix un peu trop d'ailleurs. Il fit un déclic à la portière l'ouvrant sans mal la chaleur du désert s'engouffrant dans le véhicule bien ventilé en peu de temps les magnifique cheveux plaqué du duc tomberait comme glace au soleil. Fermant la porte rapidement, mais avec délicatesse montrant quand bien même une étonnante dextérité pour éviter la portière d'une grâce sans égale probablement pour Wang. Puis fit quelques-as vers ce qui avait l'air d,un chinois ils se ressemblent tous après tout. Il fallait t'être aimable et sis a ne marcherait pas Conrad était-la..


Une suave odeur de pamplemousse et orange venait de saisir l'odorat de Qianlong. Une odeur probablement oublié par tous dans ce désert, mais non pas pour les plus fortunés il va sans dire. Arborant un sourire fier et digne il présenta la bouteille à l'autre puis d'une voix jovial contraire à son habitude, mais pour avoir ce qu'il veut..

- Si vous pouviez aider mon chauffeur à réparer notre véhicule. Je vous paierait bien avec cet bouteille d'alcool, mais pardonnez moi mon nom est Nathan Von Fatalis et vous ?

Il fallait bien après tout commencer quelques-part..
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Rachelle Vincent
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Ven 5 Juil - 20:18

Rachelle resta de marbre lorsque Domenico tenta une nouvelle fois un geste déplacé. « Pas croyable comme des jeux de gamins peuvent amuser ces mecs minables». Elle pensa à le remettre à sa place mais décida de s’abstenir en haussant les épaules « on ne sait jamais, il me sera peut être utile un jour ».

Elle écouta l’annonce du professeur Bertin sans surprise… depuis plusieurs jours elle avait entendu les rumeurs qui circulaient, confirmées par la désertion des équipes américaines et russes sur le terrain. Ils devaient préparer leurs bagages.

Lorsqu’elle rejoignit la tablée des Français elle salua la petite assemblée.
Rachelle savait la confiance que Bertin avait en elle et ne comprenait pas vraiment pourquoi. Elle avait joué un coup de poker avec sa femme… coup de poker gagnant. Elle avait prévenu le couple que le risque était grand et ils avaient accepté, voilà tout.
Le vieux scientifique ne s’était pas adressé par hasard à Rachelle, outre ses compétences, elle ne cachait pas ses opinions et disait sans se cacher :

    « L’éthique est une belle connerie. Si on avait parlé d’éthique à l’époque de Jenner ou de Pasteur, on en serait probablement à chercher à inventer la vaccination.»

elle enchaînait, citant des exemples connus de personnes illustres qui avaient demandé à des chercheurs de transgresser les lois des commissions de surveillance dès qu’ils s’étaient trouvé impliqués directement.
    « Combien de millions de morts auraient-on évitées si on avaient permis aux scientifiques l’expérimentation humaine consentie, au lieu de perdre des dizaines d’années avec l’expérimentation animale… et encore, je ne parle pas des tarés dégénérés qui refusent les expériences animales. Des assassins, voilà ce que sont ces gens. »

Rachelle taisait sa motivation profonde, le souci humanitaire n’étant pas le centre de ses préoccupations. La recherche, la science pure étaient ses passions. Découvrir, faire avancer les connaissances fondamentales, aboutir à ce que son travail soit reconnu et couronné par le monde scientifique : voilà ce qui la motivait, la faisait vivre, simplement respirer ! Les dégâts collatéraux étaient secondaires pour elle, secondaires et inévitables.
    « En ce qui me concerne je reste. J’ai encore des prélèvements à effectuer et je dois attendre la saison chaude pour obtenir des échantillons comparatifs fiables. »

Elle regarda les géologues… eux n’avait pas ce souci d’obtenir des prélèvement à des époques différentes : il ne travaillaient pas sur du vivant. Avaient-ils terminé leurs carottages ? Si c’était le cas ils seraient sûrement prêts à suivre les Américains et les Russes. Les conditions de vie n’étaient pas non  plus optimales pour le vieux professeur et ça risquait d’empirer si le monde civilisé avait décidé de les oublier.

    « Je peux rester seule avec Lizzie si vous voulez partir. Nous pouvons nous débrouiller seules. Du moment que vous me laissez mon matériel, quelques provisions et un véhicule».
Il ne lui venait pas à l’esprit que Lizzie puisse avoir un autre avis, elle était sa subordonnée et se devait de l’assister !

Et puis le clan brésilien ne semblait pas prêt à lever le camp et João restait une cible accessible, lui et ses fichiers. Une défaite amère pour Rachelle avec cette histoire d’orage magnétique, cette déconvenue il fallait la réparer. En attendant elle attaqua son petit déjeuner avec entrain.
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John Anderton
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Lun 8 Juil - 22:38

Wang et Conrad observaient le moteur de la limousine sans trop savoir par quoi commencer faut d’avoir de réelles compétences en mécanique. A première vue il n’y avait pas de grosse casse mais le moteur avait pris un sacré coup de chaud. Le chauffeur confirma qu’il s’était arrêté parce que la sécurité de la voiture s’était enclenchée à cause de la température du moteur. Les niveaux étaient bons sauf pour l’eau du radiateur ce qui alerta sur la cause probable de la panne. Le véhicule avait du passer rencontrer une grosse pierre de cette piste qui avait fait du dégât sous le châssis bien bas pour une route pareille.

La fuite au niveau du radiateur était un problème qui dépendait de la taille de la fuite et elle n’était pas facile à évaluer sans démonter. Ils avaient encore 150 kilomètres à faire avant de trouver un garage ce qui faisait une sacrée distance vu l’état de la voiture. En surveillant la température du moteur et les niveaux, ils pourraient rejoindre Uluru en prenant le temps. Toutefois cette solution coûterait sûrement une quantité non négligeable d’eau alors qu’ils étaient dans un désert. Une réparation de fortune pouvait être tentée pour limiter la fuite au maximum mais rien ne garantissait qu’elle n’aggrave pas la situation en cas d’échec.

Une autre option serait de tracter le véhicule jusqu’à cette prochaine ville. Le tout-terrain était assez puissant pour cela mais il consommerait plus de carburant pour le coup. Wang pouvait aussi abandonner ces inconnus après tout mais Conrad pourrait être prompt à braquer le chinois pour ne pas se retrouver en rade au milieu du désert. Les lois naturelles commençaient à se rappeler aux simples hommes. Rien n’était jamais gratuit et il fallait savoir quoi sacrifier pour le transformer en ce que l’on voulait. Ils pouvaient prendre le temps de déjeuner avant de se décider mais s’ils traînaient trop ce serait peut-être les dingos qui les contraindraient à se motiver pour bouger.

*****

Lizzie fit une légère moue à l’idée de rester indéfiniment dans ce camp qui se vidait petit à petit de ses occupants. Elle savait que faire le voyage jusqu’ici avait été une vraie chance et elle prenait le fait d’assister le professeur Vincent comme un véritable honneur. Toutefois elle était loin d’être aussi acharnée que son aînée en ce qui concernait les concessions à faire à la science pour la faire avancer. Elle était loin de considérer que son métier passait avant sa vie personnelle mais elle verrait peut-être les choses autrement en grandissant un peu. Après tout elle n’avait que la petite vingtaine.

Le professeur Bertin était réticent à l’idée de laisser seules les deux jeunes femmes mais il savait aussi que Rachelle ne comptait jamais que sur elle-même. C’était la seule crainte qu’il ne lui avait jamais exprimée à son sujet. Elle avait les compétences pour tutoyer les sommets de sa discipline mais son obsession la conduirait sûrement à s’enfermer dans sa bulle. Une fois qu’elle l’aurait son Nobel, avec qui pourrait-elle partager sa joie et sa satisfaction si elle faisait le vide autour d’elle ? Lui n’aurait pas de prix international mais il savait au moins qu’en rentrant chez lui le soir dans son pavillon de banlieue, sa femme l’attendait.

Après une heure de délibérations internes, chaque délégation faisait part de ses intentions. Finalement l’exode massif était inéluctable et seule une poignée d’acharnés étaient toujours déterminés à rester. Le temps de boucler les bagages et de replier les tentes, ils ne seraient plus que huit à rester avec un minibus de brousse et une vieille moto avec side-car pour seuls véhicules. Rachelle et Lizzie conserveraient tous leurs effets personnels et la majorité des vivres du groupe français. Bertin et les autres confrères prirent donc congé.

- Nous partons devant pour nous renseigner sur ce qui se passe. Les premiers qui auront fini partiront à la rencontre des autres. Je sais que tu ne peux pas t’empêcher de poursuivre tes recherches même si le permis de travaux s’étale sur l’année entière mais faites attention à vous. Les aborigènes sauront vous aider en cas de problème et puis il reste quelques hommes pour veiller à votre sécurité. Ne sois pas trop dure avec les autres comme envers toi-même. Compter sur les autres n’est pas un aveu de faiblesse tu sais. Bonne chance et à très vite.

Bertin s’engouffra dans un 4x4 qui partit dans les secondes suivantes. Rachelle était désormais seule avec cinq hommes et deux femmes. Il y avait bien évidemment son assistante Lizzie, la suédoise Astrid docteur en médecine, les botanistes brésiliens João et Maicon, le géologue italien Domenico, l’ethnologue anglais Peter et le zoologue allemand Friedriech. La française n’avait pas eu beaucoup de contacts avec eux depuis le début mais il ne restait plus qu’eux pour partager la vie du camp.

Au rayon des points positifs, ils parlaient tous une langue commune et avaient de quoi tenir une bonne semaine sur leurs vivres sans même à avoir à essayer de chasser ou acheter quelques bricoles aux aborigènes. En dehors de ça ils n’avaient rien échangé qui vaille la peine d’être mentionné en trois mois de camp. Chacun veillait jalousement ses travaux et les personnalités étaient tellement différentes. En dépit des divergences ou du moins de l’absence totale de collaboration, Rachelle avait pu se faire une idée assez basique du comportement de chacun des rescapés.

La suédoise était dans sa bulle même si elle défendait toujours les femmes du camp contre les attitudes machistes de certains, les brésiliens étaient très distants et passaient tout leur temps ensemble en échangeant en portugais, l’italien avait une réputation de bon chercheur autant que de harceleur professionnel, l’anglais était aussi arrogant et flegmatique qu’intelligent et l’allemand avait une fâcheuse tendance à penser qu’il avait toujours raison même quand il avait tort. Lizzie… restait égale à elle-même, oscillant entre le brillant et l’étourdi quand quelque chose venait à détourner son attention qui n’était pas son point fort. Mais bon ce n’était pas comme si Rachelle attendait quelque chose de ces gens là !
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Rachelle Vincent
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Mer 10 Juil - 16:43

space3  Rachelle fit ses adieux aux membres du groupe français. Il s’agissait de rester polie mais elle pensait déjà à son planning de la journée. Elle regrettait le départ des géologues qui lui rendaient service en ramenant des animaux qu’ils capturaient lorsqu’il étaient sur le terrain et en avaient l’occasion.

    « Ma petite Lizzie il va falloir chasser nous même maintenant. »

Lizzi fit la grimace. Elle appréciait modérément cet aspect du travail et Rachelle refusait qu’on garde les animaux captifs à part un petit marsupial, proche de la gerboise dont Rachelle espérait qu’il s’agissait d’un grand bilbi. Cette espèce était réputée éteinte et elle pouvait être essentielle car elle appartenait à la faune originale de Uluru.


    « . Oui, oui je sais que n’aimez pas chasser mais si nous changeons leur conditions de vie en les enfermant, nous risquons d’altérer des données importantes, des modifications qui seraient liées à leur nourriture saisonnière ou environnementale. Tous nos résultats pourraient être faussés.»  

Lizzie grimaça se souvenant de la capture d’un python de Ramsay. Rachelle avait fait quelques prélèvements puis l’avait lâché dans le camp à la grande frayeur de la jeune fille.
Rachelle s’équipait déjà pour la « cueillette » aux prélèvements.

    « Allez Lizzie, nous n’avons pas beaucoup de temps devant nous, le soleil est déjà haut et nous devons rentrer avant que les températures soient insupportables. Vous pourrez toujours cueillir des fruits du bush. Et puis si vous trouvez quelque chose à négocier avec les Anangus contre la capture du kangourou roux à qui j’ai posé une bague émettrice, je n’ai rien à y redire. Vous pourrez effectuer vous-même le prélèvement comparatif. Je pense que vous pourrez utiliser le side-car ».

Rachelle donnait quelques responsabilités à Lizzie… en même temps, il s’agissait de corvées étant données les conditions de travail. Rachelle le savait parfaitement. Elle ajouta, pour redonner un peu de courage à la jeune scientifique.

    « J’ai une bouteille de bon cognac, nous ferons une petite soirée en fille pour nous récompenser. »

space3  Pendant qu’elles marchaient vers la source où elles savaient trouver les grenouilles sur lesquelles elles n’avaient encore pas opéré de prélèvements, Rachelle recensait les membres de l’équipe qui restaient sur place. Plus grand monde en fait. « Domenico, mon vieux, tu vas sûrement obtenir le jackpot … il va falloir que je trouve des bras pour assister ma fragile assistante, une tête, pas toujours ordonnée cette gamine, mais pas de muscles ! ». Rachelle loucha vers la jolie Lizzie « Et en plus, aucun esprit pratique, pas capable de se sacrifier pour séduire notre tombeur des Abruzzes Il faut que je fasse tout, comme d’habitude.» Rachelle soupira

     « Vivement qu’on nous envoie des troupes fraîches».
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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Ven 12 Juil - 23:46


Le jeune garçon aux cheveux clairs s'appelait Nathan Von Fatalis, le Chinois le catalogua comme d'origine Hollandais ou Allemande directement. Après tout "Van" machin c'est souvent de ces pays là c'est bien connu. Il lui proposait de l'alcool contre réparation, ce qui l'amusait beaucoup, voilà une monnaie d’échange pour le moins inhabituelle mais qu'il ne refuserait pas, bien qu'il l'eu aidé gratuitement. La moindre des choses dans un milieu hostile c'est de s'entraider pensait il. " Moi c'est Wang".

Il sortis l'étui d'argent de la poche de sa veste et porta une cigarette à ses lèvres, puis alluma son Zippo en le frottant sur son pantalon, et amena la flamme sur le papier blanc. Il regarda avec Conrad et Nathan le moteur. Après cela,  il posa son chapeau et sa veste sur le capot et alla voir sous la limousine. Les dommages semblaient être lié au radiateur, cela dépassait de loin ses compétences. "Je suis pas mauvais pour conduire les véhicules, mais pour les réparer c'est une autre histoire...". Il se releva, et essuya la sueur qui perlait sur son visage et son cou avec un torchon. S’arrêter avec cette chaleur était difficilement supportable, il prenait conscience de l’enfer que devait être ce désert pour un piéton.

"Je vais à Alice Springs, je peux vous emmener si vous voulez. Vous n'avez qu'a démonter la batterie et le démarreur et les mettre  dans mon coffre pour compliquer la tâche de ceux qui voudraient vous la voler....bien que je puisse rien vous assurer de ce coté là je ne connait pas bien la mentalité des gens des environs."

Il marchait vers sa voiture, posait ses affaires sur un siège arrière et après avoir écrasé son mégot buvait un peu d'eau de son jerricane. " En arrivant à la civilisation on boira un verre de votre bouteille!" Puis s'asseyant et fermant la portière. "Alors, je vous attends ou je repars tout seul?"
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John Anderton
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Lun 15 Juil - 16:32

Il faisait déjà bien jour quand Rachelle se réveilla nauséeuse et désorientée. Elle ne se rappelait pas de ce qui s’était passé la veille au soir, ni même simplement de s’être couchée. Elle portait encore les mêmes vêtements même si elle était un peu débraillée. Lizzie dormait encore profondément dans un lit de camp à côté. Ses souvenirs étaient plus que confus. Elle remettait bien l’après-midi à effectuer de nouvelles recherches et à négocier auprès des indigènes mais après ça se gâtait. Il y avait bien cette histoire de cognac mais la bouteille était encore là sans qu’une grande quantité d’alcool ne soit partie. Peut-être un tiers tout au plus…

Elle avait la bouche sèche avec un arrière goût métallique. Elle avait bien besoin d’une douche avec ces vêtements qui lui collaient à la peau. Alors qu’elle se levait péniblement, son champ des horizons s’ouvrit peu à peu et c’est une voix pas vraiment familière qui la sortit définitivement de sa torpeur. Assise sur un siège d’observation pliable, Astrid Lindgren semblait avoir passé une mauvaise nuit.

- Vous êtes enfin réveillée… Allons prendre l’air un peu.

Elle sortit sans s’attarder de la tente pour s’étirer dehors. La suédoise avait résisté à sermonner immédiatement la française mais elle lui avait lancé un regard noir qui en disait assez long sur la nature de leur conversation à venir. Elle prit même le luxe de la faire mijoter encore un peu en lui proposant un chewing-gum à la fraise pour se rafraîchir l’haleine. Finalement elle se décida à entrer dans le vif du sujet.

- Vous vous rappelez d’hier soir ?

Le silence de Rachelle en disait long, alors Astrid continua.

- Vous aviez bouclé vos recherches de la journée et fait une transaction intéressante avec les aborigènes. Maintenant nous avons une bonne quantité de viande séchée en supplément grâce à vous. Vous avez tenu à vouloir fêter ça alors nous nous sommes joints à vous pour l’occasion. Enfin en partie du moins… les brésiliens sont partis très vite dans leur coin comme d’habitude, je ne bois pas d’alcool et sir Watford n’aura trinqué qu’une fois avec vous pour la forme. Il ne vous aura pas fallu bien longtemps pour être grisée en tout cas. Au troisième shot vous aviez déjà un défaut d’équilibre et gloussiez exagérément même pour une française…

Astrid s’assura de bien refermer la tente en jetant un œil sur Lizzie qui dormait toujours.

- Domenico s’est aussitôt proposé pour vous ramener à votre tente. J’ai proposé de demander de l’aide au professeur Watford ou aux jeunes brésiliens mais il a dit qu’il s’en sortirait très bien. Quelques minutes plus tard j’ai tenu à passer prendre de vos nouvelles avant de regagner ma tente. Juste par courtoisie ou peut-être parce que je sentais quelque chose d’incohérent dans cette alcoolisation rapide. Toujours est-il que je l’ai aperçu vous installer et commencer à vous déshabiller.

J’ai hésité sur la chose à faire, vous n’aviez pas semblé vraiment effarouchée avec lui au cours de la soirée donc… Finalement je me suis décidée à aller chercher Peter Watford quand j’ai vu que la gamine était là avez-vous et que vous étiez toutes deux à peine conscientes. Le temps que je revienne avec notre confrère britannique qui avait pris son arme, Balducci avait déjà le pantalon au niveau des chevilles et il allait passer à l’acte. Nous avons réussi à le maîtriser juste à temps. Nous avons trouvé ça sur lui.


La suédoise lança un tube d’aspirine à Rachelle avant de continuer. Il restait trois petits cachets au fond de la boîte.

- Bien entendu ça ne ressemble pas à de l’aspirine, plutôt à un psychotrope ou une drogue du violeur au moins. Vous devriez faire plus attention quand vous jouez avec un homme, ça peut se retourner contre vous. Enfin ça c’est votre problème mais vous avez des responsabilités par rapport à la petite même si vous n’êtes liées que par un contrat de travail. Vous auriez dit quoi à ses parents si elle s’était faite violer ?

La question n’appelait pas vraiment de réponse. En tout cas Rachelle savait ce qui s’était passé la veille mais il s’en était fallu de peu pour que l’issue soit bien différente du soulagement qu’elle pourrait ressentir en réalisant vraiment ce qui avait failli arriver. Lizzie n’aurait pas plus de souvenirs qu’elle et il faudrait bien lui donner des explications. Astrid lui laissa la discrétion de lui en fournir pour ne pas plus l’embarrasser et surtout voir ce qu’elle ferait. En attendant il restait une fâcheuse question en suspens : que faire de Domenico ?

- On l’a attaché sous sa tente. Les hommes le surveillent à tour de rôle même si les brésiliens ont rechigné à la tâche au début. Il est un peu amoché. Le premier coup lui a fendu la lèvre, celui-là était gratuit quand sir Watford a compris ce qui s’était passé. Bien qu’il lui rende une bonne dizaine d’années, il était officier de marine alors il a su le mettre aux arrêts comme il dit. On ne pourra pas le garder éternellement comme ça cependant. On va devoir voter sur ce qui devra être fait et la balle est dans votre camp en tant que victimes. On se retrouve pour le déjeuner, maintenant que vous êtes réveillée vous allez pouvoir vous occuper de vous et de la jeune femme qui vous accompagne.

C’était peut-être une leçon à méditer pour Rachelle ou bien se contenterait-elle de considérer ça comme un simple accident qui n’avait pas eu de conséquences. Ça elle le déciderait par elle-même.

*****

Nathan ne semblait pas en état de répondre à Wang, peut-être avait-il abusé du mini bar ? En tout cas Conrad ne pouvait pas laisser filer le seul véhicule qu’ils avaient vu depuis des heures. Il ne pouvait pas non plus abandonner son maître alors il dut chercher une solution intermédiaire.

- J’ai repéré un garage sur la carte à une dizaine de kilomètres devant. Ça vous dérangerait de m’y conduire ? Je ne me vois pas marcher jusque là-bas dans ces conditions…

Le Land Rover se mit en marche rapidement vers la station service pendant que Von Fatalis restait à l’abri dans sa limousine. Il ne fallut qu’une vingtaine de minutes aux deux hommes pour arriver sur place. Malheureusement ils trouvèrent porte close, un panneau indiquait la fermeture définitive pour cause de cessation d’activité. A en juger par la poussière ça faisait un moment d’ailleurs mais il fallait s’en douter avec des informations confirmées par la carte de Liao Chen.



Mike Dundee
Ils allaient rebrousser chemin quand un homme arriva à pied devant la station en provenance du désert. Le baroudeur était blond, la cinquantaine, un jean, des bottes en peau de crocodile, une chemise et une veste en peau. Pour se protéger du soleil il avait un chapeau avec des dents coincées sous le bandeau. Conrad s’avança vers lui pour lui dire qu’il n’obtiendrait rien de cet endroit puisqu’il était fermé alors le type s’arrêta.

- Fermé ? Je crois pas mon pote, t’as du mal regarder.

A ces mots il sortit sous leur nez un couteau qui tenait plus de la machette que de l’opinel. Le temps qu’ils comprennent ce qui se passait, il avait déjà forcé la porte du magasin et s’y était engouffré. Ils entendirent les bruits d’une fouille énergique pendant quelques minutes puis il ressortit tranquillement avec une vieille caisse à outils rouillée et sa gourde à la main.

- Y avait rien à piquer là-dedans, le proprio s’est barré avec tout ce qui était intéressant pour lui, pas de stress. Les outils devraient bien servir pour vous aider, moi je voulais juste faire le ravitaillement en eau et cette baraque doit être alimentée par un forage sous ses fondations. C’est juste ce qui me fallait. Je vais piquer un somme à l’arrière pendant qu’on fait route vers votre caisse en panne.

Il s’installa sans rien demander entre les tas de matériels stockés et pencha son chapeau sur son visage pour commencer à roupiller. Conrad ne resta pas interdit longtemps surtout qu’il sentait qu’il entendrait ronfler d’ici peu.

- D’abord qui êtes vous ? Comment vous savez pour la voiture en panne ? On aurait très bien pu venir ici juste pour faire un arrêt sur notre route pour faire le plein. Peut-être que vous nous espionnez, pourquoi on vous ferait confiance ?

L’australien se redressa et ôta son chapeau pour les saluer.

- J’ai oublié les politesses, vous m’excuserez mais j’ai pas beaucoup dormi depuis une semaine. Je me présente Mike Dundee. Pour la voiture c’était pas bien compliqué à deviner, vos mains sont pleines de graisse et de cambouis. Tu as l’air sapé comme un de ces portiers ou voituriers que j’ai pu croiser à New-York mais tu as un accent bizarre, européen je dirais. C’est ton pote le petit qui conduisait, pourtant c’est ton boulot normalement donc j’en déduis que c’est pas ton patron. Il est assez bridé pour que sa famille ait tué une partie de la mienne au bombardement de Darwin en plus. Et puis quel richard irait se faire conduire dans un tape-cul pareil au milieu du désert ? On peut y aller maintenant ?

Une fois sur place Dundee regarda la panne et ne mit pas longtemps avant de diagnostiquer le même problème que les mécaniciens du dimanche. Le radiateur était à sec parce qu’il devait fuir. Il sortit une sorte d’écorce de sa besace avant de la mastiquer. Pendant ce temps il versa un peu d’eau dans le réservoir pour identifier la source de la perte et y colla son mastic artisanal pour boucher le trou. C’était une réparation de fortune mais qui pourrait tenir au moins jusqu’à la prochaine bourgade importante avec un garagiste à la clé. Le bushman reprit sa carabine et son barda pour reprendre la route.

- Bon c’est pas que je m’ennuie les filles, mais j’étais en mission. Une Sheila a perdu sa gamine. Les Rangers l’ont pas crue mais elle a dit que son bébé avait été enlevé par des dingos. Je cherche depuis une semaine la meute qui est passée près de leur camp de vacances et je pense qu’ils ne sont pas loin…
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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Lun 15 Juil - 19:16


Sur la route avec Conrad, Wang s'aérait à nouveau la tête, l'air adoucissant le ressenti de la température. La terre australienne avait une couleur magnifique dans cette région, qu'il n'avait encore jamais vue. Une terre virant vers le brique, emprunte de spiritualité. Comme si c'était la magie qui avait conçue ce continent arrivé par surprise dans la vie des autres qui s'en émurent à peine, l'affaire de l’Amérique ayant banalisée l'événement qu'est la découverte d'un autre monde.

Arrivé au garage ils rencontrèrent un homme vêtu de cuir de crocodile et au chapeau décoré de dents. Le  premier contact avec un Australien pure souche fut une bonne surprise pour Wang. L'homme avait l'air d'un vrai personnage, il avait une gouaille impayable  et une assurance forçant le respect. Il semblait être l'homme le plus débrouillard qu'il n'avait jamais croisé, et surtout il était particulièrement dévoué. Un homme qui ne vivait avec presque rien, et prenait de son temps pour aider les inconnus c'était on ne peux plus rare, et cela valait la peine se disait Wang qu'il montre un peux de courage lui aussi. Après tout il avait bien souvent fait profil bas, s’arrangeant pour interférer dans la vie des autres le moins possible. Il n'aidait pas autant qu'il l'aurait du les gens dans le besoin, mais il ne cherchait jamais à dépendre de qui que ce soit. En somme le fils Quianlong traversait la vie comme un courant d'air, pleinement conscient que personne ne se souviendrait de son nom.

Et si s'était à refaire? N'avait il pas l'occasion dans ce rêve de faire ce qu'il n'aurait jamais osé, comme aider une famille éplorée à retrouver son enfant, bien qu'il fut probable que la découverte soit macabre? Alors que Dundee repartait, il tenta de le convaincre de le prendre avec lui. Après tout l'homme à la limousine et son chauffeur avaient un véhicule réparé désormais, ils pouvaient atteindre leur destination sans avoir besoin de son aide.

"-Je peux t'aider à quelques choses Mike? Ma voiture effraierait peut être les dingos mais on peut déjà s'approcher de ta destination et la laisser pour continuer à pied. J'ai.. un pistolet à grenaille je sais ce n'est pas terrible mais sait on jamais.."

Wang essayait de lui parler de manière détendue et familière de la même manière que lui. Mais il restait intrigué par son histoire  de famille bombardée à Darwin. Voulant éviter  qu'il ne lui en veuille d'appartenir à un peuple ayant fait souffrir ses ancêtres il préférait corriger ce qu'il avait entendu.

"Je précise que suis pas un Jap',  je suis Chinois on était dans le même camp pendant la guerre mon pote"
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Rachelle Vincent
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Mer 17 Juil - 12:07

space3  Rachelle s’était offerte bien trop souvent à son goût mais la règle du jeu était donnant-donnant. Décrocher une promotion, accéder à des données inaccessibles, obtenir des financements, et tout dernièrement, acquérir « son » labo ultra moderne de Spirit-city, voilà qui valait bien des sacrifices. Mais qu’un minable cavaleur de seconde zone ait osé vouloir la violer et pire encore attenter à la probable innocence de Lizzie mettait Rachelle dans une colère froide. Elle se sentait le droit de moquer son assistante à propos de sa candeur mais n’autorisait personne à en faire autant… et là ce Dominico dépassait largement le cadre de la plaisanterie.

space3 Le ton glacial de Rachelle aurait pu tout faire craindre à Astrid… mais avait elle la moindre idée de ce que la généticienne était capable de faire ?

    « Laissez moi un petit moment, je vais réveiller Lizzi et nous prendrons une douche pour nous remettre en forme. Nous irons ensuite voir Domenico. Nous aimerions avoir un entretien en tête à tête avec lui, histoire de lui apprendre quelques notions de respect. »(1)

Si Astrid avait des doutes sur ce que Rachelle allait entreprendre, elle n’en laissa rien paraître, son féminisme prenant le pas sur ses principes du respect des droits de l’homme… et justement « l’homme » dont il était question représentait tout ce qu’elle haïssait.

Une petite heure plus tard Rachelle et Lizzie entraient sous la tente où était détenu Domenico. Elles remercièrent le Brésilien de garde qui partit, soulagé de ne plus avoir à s’occuper de cette affaire qui l’ennuyait.

space3 Domenico eut un rictus moqueur devant les deux femmes mais le sourire narquois disparut rapidement devant le regard froid de Rachelle. La femme saisit un tabouret et s’assit à califourchon face à l’Italien pendant que Lizzie sortait du matériel du grand sac qu’elles avaient apporté : seringues, flacons divers, instruments de chirurgie, matériel médical furent posés avec beaucoup de soin sur une table pliante et Domenico commençait visiblement à trouver la situation inquiétante. Rachelle demanda si il voulait bien accepter quelques prélèvements et lui proposa de signer une décharge. Domenico y vit brièvement le moyen de se faire libérer et de s’échapper mais Lizzie lui entravait déjà les jambes à l’aide de bandes adhésives.

    « Puisque tu refuses cette mince participation à nos recherches, nous allons t’aider. » Et Rachelle fit fondre un comprimé de la drogue qu’il avait employée contre elles dans un verre d’eau… tu as le choix entre ça et le contenu de la seringue, mais je n’ai que des anesthésiants vétérinaires sous la main et je ne te garantis pas le résultat… alors que ta drogue te fera passer un bon moment et que tu te réveilleras… vivant et avec seulement quelques céphalées. »(2)

Lorsque l’Italien fut « parti » Rachelle n’eut aucun mal à le mettre en condition pour obtenir le mot de passe de son ordinateur. Lizzie pensa à modifier l’heure de la pendule interne pour que l’intrusion passe inaperçue. Au prochain lancement de session la pendule devrait se synchroniser automatiquement, du moins elle l’espérait.

Spoiler:
 

space3  Pendant que Lizzie chargeait les copies de sauvegarde sur une mémoire flash, Rachelle pratiquait une dizaine de légères entailles à l’aide d’un scalpel. Elle n’avait aucun besoin de prélèvements humains mais elle souhaitait détourner l’attention de son but réel : le piratage de l’ordinateur et la pose d’une puce émettrice sur Domenico. Elle incisa néanmoins à des emplacements qui allaient inquiéter l’homme, thyroïde, foie, reins, appareil génital etc. Rien de tel que l’angoisse comme vengeance : elle laissait l’imagination de Domenico lui offrir ses propres insomnies et pourquoi pas une castration psychosomatique.


space3 Lorsque les femmes sortirent de la tente Domenico commençait à émerger et les deux jeunes femmes avaient immortalisé la scène avant de le rattacher fermement : L'Italien allongé presque nu sur son lit de camp, le pantalon sur les mollets, la lèvre tuméfiée, bavant, l’œil hagard et, le relâchement sphinctérien ayant fait son œuvre, souillé. Lizzie avait pris plaisir à ajouter une touche personnelle : on pouvait admirer une bouteille d'alcool vide sur la couche et des vêtements sales en désordre. Une belle photo à mettre en archives.
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John Anderton
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Mar 23 Juil - 1:19

Mike Dundee avait réparé le véhicule de Nathan Von Fatalis qui pouvait reprendre la route comme il le souhaitait. Conrad l’avait remercié pour le service et avait repris sa place au volant en attendant les ordres de son maître. Wang, lui, faisait un brin de causette à l’aventurier australien qui avait déjà débarqué son matériel de son Land Rover. Visiblement il ne comptait pas trop s’attarder dans le coin.

- Désolé mon pote, j’ai pas trop l’habitude de croiser des asiatiques dans mon coin même si on dit que vous avez la moitié du monde dans votre poche. Sans rancune. Je te remercie du bout de chemin jusqu’ici, ça m’a évité de crapahuter un peu plus dans le désert mais là faut que je m’éloigne de la piste. Les dingos ne prennent pas les chemins balisés, j’ai pas encore réussi à leur apprendre malheureusement. A toi de voir si tu veux faire du hors-piste avec moi mais ça peut prendre pas mal de temps… Sinon si le cœur t’en dit on peut se retrouver plus tard le temps que tu fasses ta course. On peut se dire d’ici une semaine à Oodnadatta, vers l’est un peu avant le lac Eyre. Je te paierai un pot au pub.

Le bushman filant vers sa mission, Wang devait se décider. (Si tu ne le suis pas sur la piste des dingos, voir la suite plus loin).

*****

Lizzie ne prenait pas le temps de réfléchir et s’exécutait en rassemblant les documents dont disposait l’italien. Son ordinateur prenait du temps à être copié mais cela aidait la jeune femme à ne pas se poser de questions sur les actions de sa patronne. Elle préférait ne pas regarder l’œuvre de Rachelle qui semblait bien vouloir se venger. Domenico n’appréciait pas d’être attaché mais encore moins d’être traité de la sorte. Elles avaient sûrement pour but de lui montrer ce que ça faisait d’être utilisé mais lui n’y voyait qu’une raison d’augmenter son ressentiment contre elle. Pendant un moment il avait cru qu’elle avait expliqué le malentendu et qu’elle venait lui donner ce qu’on lui avait retiré la veille.

Le film qu’il s’était fait s’était vite estompé en constatant que ses regards lubriques qui la déshabillaient du regard n’avaient pas désarmé la française. Il pesta contre elle quand elle lui inocula la drogue en planta la seringue avec le moins de délicatesse possible. Il avait voulu se redresser, se débattre, mais la généticienne avait fait en sorte que le narcotique se propage très vite dans son organisme. Après quelques pitoyables insultes et un crachat au visage qui se traduisit par un simple filet de bave à ses lèvres, il était mûr pour l’interrogatoire qui lui était réservé. Lizzie vérifiait les codes et les informations en même temps que Rachelle les obtenait.

A première vue il n’y avait pas grand-chose sur l’ordinateur mais la jeune assistante ne laissait rien au hasard. Pendant ce temps, Rachelle s’occupait du reste de son plan et réalisait sa mise en scène. Domenico s’était fait dessus sous l’effet sédatif des produits qu’elle lui avait injecté. L’odeur peut ragoûtante ne freina pas la française qui fit quelques incisions réparties sur le corps du romain et lui implanta une puce qu’elle avait plutôt l’habitude de destiner à des animaux plus petits. Pourquoi elle le faisait ? Elle seule le savait. Lizzie avait comme déconnecté son cerveau pour ne pas trop penser à tout ce qui se passait si vite et qui la dépasserait sans doute.

Une fois leur besogne terminée, elles sortirent pour regagner leurs quartiers avec leur butin. Astrid était aux abords de la tente et se hasarda à un coup d’œil à l’intérieur. Le spectacle qu’elle vit lui souleva le cœur entre le visuel et l’olfactif. Les antiques lois franques, germaniques et scandinaves permettaient une juste rétribution en cas de litige mais pour le coup elle n’aurait jamais cru que sa collègue irait jusque là. Elle était affolée devant les traces d’incision sur le corps de l’italien et sur les conséquences que cela pouvait avoir.

- Vous êtes malade Vincent ! Vous appelez ça des explications ? Cet homme a le droit d’être jugé équitablement pour ce qu’il a fait. Vous savez à quoi vous vous êtes exposée en faisant ça ? Non seulement vous mais votre assistante aussi ! C’est pas vrai…

Et elle disparut dans la tente pour voir ce qu’elle pouvait faire pour arranger les dégâts en s’assurant que l’italien ne risquait pas de leur claquer entre les mains. De leur côté Lizzie et Rachelle pouvaient exploiter les fichiers de Domenico pour essayer d’en tirer quelque chose. L’assistante n’avait pas trop compris quel était l’intérêt scientifique des recherches qu’ils venaient de copier pour sa patronne mais elle s’était exécutée. A l’intérieur se trouvait de nombreux relevés topographiques, des analyses de terrain, les compositions de divers carottages, des coupes géologiques, des données sismiques…

-On cherche quoi au juste, je ne comprends pas en quoi ça nous sera utile d’avoir copié ses fichiers. On le livre quand à la police ? Ah tiens je crois tenir un dossier caché. Oh c’est pas vrai !...

Lizzie venait de quitter sa place devant l’écran pour aller s’asseoir sur son lit de camp en s’enfouissant le visage entre ses mains. Rachelle n’eut pas de mal à comprendre quand elle vit la vidéo qui venait d’être lancée. Elle y voyait sa jeune assistante sous la douche, probablement prise par une micro caméra posée par le voyeur italien. Il y avait tout un tas de vidéos des femmes du campement depuis leur installation ici. Rachelle pouvait noter plusieurs enregistrements à son nom ainsi que des dossiers de photos prises en cours de journée à leur insu également. Domenico n’en était pas à son coup d’essai visiblement…

Cela faisait quelques heures qu’elles étaient passées à l’action pour sa punition. A la lumière de ces nouvelles informations, elles pouvaient aller le revoir si elles voulaient. Toutefois une visite imprévue au camp nécessitait une intervention de leur part. Deux gros 4x4 noirs étaient arrivés il y a quelques minutes et on demandait après la délégation française de l’expédition. L’homme à la tête de l’opération insistait pour rencontrer le professeur Bertin au plus vite, prétextant une grave urgence qui ne pouvait attendre. Il avait donné sa carte et Rachelle pouvait s’approcher tranquillement pour voir ce qui se disait entre lui et son collègue britannique. Les logos sur les véhicules ne laissaient pas de doute.

- Ross Whedon, chef de la sécurité de la WPRO. Nous cherchons le professeur Bertin et une de ses assistantes Elizabeth qui font partie de la délégation française de votre expédition. Vous n’avez pas été faciles à trouver mais on m’a envoyé depuis Manille pour les ramener. C’est une question prioritaire alors qu’ils nous rejoignent au plus vite. Ils ont 15 minutes pour faire leurs bagages et on repart à l’aéroport Connellan. Merci d’avance.

Le type ne laissait pas trop le choix sur le niveau de collaboration possible. Il voulait Bertin et Lizzie pour une raison qu’il ne semblait pas pouvoir ou ne voulait pas partager. En même temps avaient-ils le pouvoir de snober une organisation qui pouvait briser leur carrière en un claquement de doigts ?

*****

Domenico avait mal malgré le cocktail de médicaments qu’il venait de prendre. Il avait embarqué tout ce qu’il pouvait dans son sac à dos avant de s’enfuir sur la moto. Il n’avait pas hésité quand sa geôlière avait desserré ses liens le croyant trop faible pour quoi que ce soit. Les jeeps des visiteurs lui avaient permis de filer en douce, il n’aurait pas rêvé d’une meilleure diversion. La priorité avait été d’embarquer tout ce qui pouvait soulager sa douleur. La suédoise avait fait ce qu’elle avait pu et il lui en était assez reconnaissant quelque part. C’était pour ça qu’il ne l’avait qu’assommée et même pas touchée. Il n’avait qu’une seule cible en tête, cette garce de Rachelle Vincent.

Il ne savait pas trop ce qu’elle avait pu lui faire pendant qu’il était à sa merci mais il lui rendrait au centuple. Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort il paraît. Il l’apprendrait à la française à ses dépens. Pour le moment il valait mieux qu’il prenne le large pour récupérer et lui tomber dessus quand elle s’y attendrait le moins. Il voulait prendre tout son temps pour elle. Elle serait son chef-d’œuvre, il prendrait vraiment son pied rien qu’à imaginer tout ce qu’il lui ferait avait de l’achever. Il avait pensé un temps laisser tomber ce voyage en Australie mais maintenant qu’il avait goûté la vraie liberté, il ne voulait plus la laisser filer. Il se sentait hors des lois et des convenances ici, libre de prendre ce qu’il voulait quand il voulait tant qu’il se montrait le plus fort. Etait-ce le début d’une forme de folie ou un retour à l’instinct primal ?

En attendant il était coincé à une courte distance du camp parce qu’il était tombé en rade avec la moto. Il aurait du penser à faire le plein mais dans la précipitation et la crainte d’être repris, il avait filé sans demander son reste. Il marcha depuis un petit moment à côté de l’engin mais il avait bien envie de le larguer. Il n’y avait pas de station proche à pied et il ne se voyait pas faire des dizaines de kilomètres à traîner cette guimbarde. Il n’avait plus qu’à espérer que la prochaine voiture qui se pointerait ne serait pas pour l’arrêter. Au pire il avait de quoi discréditer cette garce de française ou au moins la faire plonger aussi pour l’avoir torturé mais ce ne serait qu’une maigre consolation.


Domenico Balducci
Un nuage de poussière s’élevait à l’horizon sur la piste. L’espoir revenait puisqu’il était du bon côté du chemin. Quelqu’un qui venait de Roadside Stop ne pouvait pas être au courant pour Uluru. Il lui suffisait de jouer au pauvre type perdu et à s’accrocher à cette personne pour compliquer la tâche à ses éventuels poursuivants. Ils cherchaient un type seul après tout. L’important était de cacher sa nervosité et ses blessures plus que suspectes. La chaleur expliquerait bien la sueur sur son visage même si elle était plus due aux lacérations de son derme pour le moment. Il était doué pour tromper son monde depuis des années, il convaincrait bien le chauffeur de cette voiture de passage.

Après avoir roulé pendant plus de sept heures d’affilée, Wang espérait bien arriver très vite à Uluru pour faire une pause et en profiter pour se ravitailler. De plus, ses réserves d’essence étaient bien entamées, il était temps de trouver du carburant pour rouler l’esprit tranquille. Sur le côté de la route il voyait un homme marcher au milieu de nulle part avec son sac à dos. Jouerait-il une deuxième fois au bon samaritain ?Domenico se remettait d’aplomb pour paraître au mieux de sa forme et réajustait son costume italien sur lui pour faire la meilleure impression possible. Si seulement ça pouvait être une femme, ce serait plus facile…
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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Mar 23 Juil - 19:10





L’Australien indiquait à Wang que son aide ne serait pas indispensable, ce qu'il n'avait pas de mal à croire. Il n'avait jamais pisté d'animaux et n'était pas spécialement doué pour la discrétion tandis que Mike semblait parfaitement dans son élément dans un tel décor sauvage. " D'accord Mike, à Oodnadatta. J’espère vraiment que tu retrouveras le bébé vivant, mes pensées iront à vous deux et à sa famille tous les jours."  Il serra franchement la main de Mike qui était étonnamment  robuste, et bien que le manutentionnaire soit assez fort il le sentit nettement,et se disait que cet homme avait lui aussi une sacrée trempe.

Il remonta à bord , puis posa les pieds sur le siège passager en consultant la carte. Cela sera très juste question essence pensait il, l'Ayers Rock était à une bonne palanquée de miles. Finalement cela n'était pas plus mal qu'il n'aie pas accompagné Dundee car ils seraient certainement tombés en panne d'essence. Il aurait pu aider à sauver un bébé mais l'équipe qui avait été prise dans l'orage magnétique était peut être elle aussi en danger de mort et elle n'avait que lui pour venir les aider.

Il ouvrait à nouveau l’étui argenté qui était dans la poche de sa veste, et reprenait une cigarette. Lui qui ne fumait pas particulièrement auparavant il se demandait si de retour de ce rêve ils serait accro au tabac. Techniquement non, car son corps dans la réalité n'aurait pas absorbé la nicotine créant la dépendance. En revanche l'habitude d'aller chercher une cigarette dans certains cas de figure pourrait persister. Mais cela serait certainement bien plus facile de se défaire d'un rituel peu pratiqué que d'une dépendance chimique pensait il.  En tout cas à ce rythme il allait vite descendre son paquet, il en troquerait un nouveau à l'occasion.

Le Land Rover reprenait à nouveau la route, passant à coté d'un panneau directionnel  indiquant "Uluru" et les miles restants. Wang s'inquiétait quelques peux, le détour fait avec Conrad n'avait pas été prévu au programe et l'essence serait limite. Mais le lieu étant très touristique  il trouverait une station qui elle ne serait pas en cessation d'activité, cependant il se doutait désormais qu'il ne faudrait pas trop se fier à la carte de Liao Chen qui datait quelques peu.

Après plusieurs heures de route, il trouva un homme qui marchait avec un costume inadéquat par rapport à sa situation. Étrangement Wang pensa  en premier qu'il pouvait s'agir d'un rêveur, car un gars du coin ne serait jamais sorti ainsi vêtu, tandis qu'il savait pour l'avoir vécu qu'on pouvait être parachuté dans le désert australien en costume. Il ralentissait  et s’arrêtait à coté de lui. Il avait l'air très fatigué.

"Hola voilà quelqu'un qui n'a pas l'air équipé pour les environs! Vous allez où?"
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Rachelle Vincent
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Mer 24 Juil - 13:46

    « Vous êtes malade Vincent ! Vous appelez ça des explications ? Cet homme a le droit d’être jugé équitablement pour ce qu’il a fait. Vous savez à quoi vous vous êtes exposée en faisant ça ? Non seulement vous mais votre assistante aussi ! C’est pas vrai…
    « Mais ma chère Astrid, je n’ai rien fait que ce Domenico Burlesquino n’ait accepté et signé de son plein gré. Que voulez vous, cet homme charitable s’est dévoué pour faire avancer la science simplement pour racheter ses égarements à notre encontre. Admirons sa repentance et pardonnons lui. Et puis laissez Lizzie tranquille, elle ne fait que m’obéir, ce que son contrat stipule sans restriction.»

Rachelle présenta les documents signés autorisant les prélèvements biopsiques. Elle montra à la Nordique un second document, paraphé par Domenico, où celui-ci reconnaissait avoir tenté de violer Lizzie et Rachelle.
Rachelle souriait d’un sourire un peu hautain qu’Astrid hésitait à interpréter, tout comme le discours qu’elle venait de lui débiter avec une douceur... inquiétante.
    « S’il vous plait Lizzie, faites une copie des documents pour nos géologues, nous leur communiquerons dès que les transmissions seront rétablies. Ils nous ont aidées à capturer nos bestioles, nous avons l’occasion de leur renvoyer l’ascenseur. Ce Domenico est un salopard de la pire espèce, mais il est peut être bon géologue, après tout. »
Devant la mine défaite de Lizzie, Rachelle compris qu’elle ne parvenait pas à détourner sa pensée des vidéos. Elle alla lui chercher un verre de cognac.
    « Pourquoi vous soucier de ce que ce sale type a enregistré. Allez ma belle, vous êtes ravissante et vous n’avez pas à en rougir ! »

space3 Lizzie avala deux gorgées d’alcool, juste ce qu’il fallait pour reprendre quelques couleurs. Devant son air désespéré Rachelle décida de retourner dans la tente du violeur pour effacer ses disques durs et ses sauvegardes. Elle avait voulu qu’il ignore que ses données avaient été piratées mais les évènements changeaient la donne.

space3 Lizzie et elle fouillèrent attentivement la tente à la recherche de sauvegardes cachées ou de n’importe quoi que ce démon lubrique aurait pu dissimuler. Domenico rageait en les regardant faire et Rachelle se faisait un plaisir d’onduler de façon subjective en pensant « « regarde, regrette car ça tu ne l’auras jamais ! »

Astrid eut droit à la découverte des fichiers cachés et elle put se voir, elle aussi, dans des tenues dénudées… les mœurs nordiques étant différentes des latines, elle ne s’en offusqua pas vraiment, comprenant à peine que cela puisse choquer Lizzie.

space3 Rachelle venait de terminer sa perquisition lorsque le bruit de véhicules l’attira au dehors.

space3 Elle écouta la demande qui ressemblait davantage à une mise en demeure qu’à une requête. Rachelle coula un regard vers Lizzie… était elle prête à partir si vite. D’un autre côté cela l’éloignerait de l’Italien, ce qui était bon pour elle. « Dans cet état, elle ne va me faire que des sottises ».

Rachelle se dirigea vers Ross Whedon et tendit la main avec un sourire radieux.
    « Je suis Rachelle, de la délégation française. Heureuse de faire votre connaissance. Hélas le professeur Bertin est reparti il y a peu de temps. J’ignore si il a déjà rejoint son domicile mais il ne sera certainement pas difficile à retrouver. Lizzie est à votre disposition en attendant qu’il puisse vous rejoindre. »
Rachelle n’avait aucune envie d’être identifiée, elle souhaitait avant tout faire aboutir ses recherches sur la faune d’Uluru et de toutes façons, elle n’avait pas été requise.
    - « Nous sommes coupés du monde depuis plusieurs semaines, pouvez vous nous éclairer sur ce qui se passe ? Comment se fait-il que nos communications satellite ne soient pas rétablies ?» Rachelle lorgna sur les véhicules « Nous avons un prisonnier qui devrait être remis aux autorités pour tentative de viol, seriez vous en mesure de le déposer au premier poste de police ? Je peux vous donner une copie de ses aveux et Elisabeth pourrait y faire sa déposition en visioconférence, ce qui ne vous retarderait guère.»

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John Anderton
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Dim 4 Aoû - 18:29

La voiture s’arrêtait à sa hauteur pour lui demander s’il avait besoin d’aide. Décidemment la chance souriait au latin dans son malheur. L’envoyé de la providence avait pris l’apparence d’un asiatique dans la force de l’âge ce qui lui paraissait au moins aussi incongru que sa propre tenue dans le désert mais bon il n’y prêta pas plus attention pour le moment. Il aurait préféré se débarrasser de lui mais dans son état physique diminué et sans son équipement, il hésitait fortement. Les bras musclés apparents de Wang en t-shirt le dissuadèrent définitivement de tenter l’expérience. Ce n’était que partie remise…

- Je suis un touriste américain. Je viens de m’échapper après plusieurs jours de captivité après avoir été enlevé par des rançonneurs. Une folle m’a torturé mais j’ai réussi à m’enfuir au premier relâchement de leur part. J’ai un peu d’argent de côté que j’ai enterré avec tout ce que j’avais de valeur pendant une halte. Il est à vous si vous m’aidez à rejoindre Alice Springs pour que je puisse porter plainte aux autorités et quitter ce pays. La moto que j’avais volée au campement de mes agresseurs m’a lâché un peu plus loin. Je vous en prie, je ne veux pas mourir ici et je n’imagine pas ce qu’ils me feront s’ils me retrouvent…

Pour parfaire le tableau, il s’écroula sur ses genoux au pied du véhicule comme s’il était à bout de forces. Toutefois il veilla bien à ne pas en rajouter en montrant bien qu’il était toujours conscient pour éviter un mouvement de panique de son sauveur. Il serrait fort son sac dans sa main en se disant qu’il aurait du se débarrasser des effets de son identité des derniers mois pour ne pas risquer de se trahir mais il était un peu tard maintenant. Il le ferait en récupérant ses affaires à la cache dès que ce bon monsieur l’aurait amené là-bas, c’était sur le chemin. Il aurait le temps de se reposer entre temps.

- Je m’appelle Frankie, Frankie Carbone. Mon nouvel ami chinois a bien un nom je présume ? Désolé pour la tenue mais j’ai pas eu l’occasion de me changer depuis qu’ils m’ont kidnappé à la sortie de mon hôtel. Je préfère me promener en costard qu’à poil dans ce désert quitte à choisir. Et toi tu fais quoi dans le coin ? C’est pas non plus un camp de vacances pour chinois aux dernières nouvelles… Bon c’est pas le tout mais faudrait pas trop traîner dans le coin si on veut éviter qu’ils nous tombent dessus.

L’homme se relevait péniblement en s’accrochant à la portière du Land Rover pour monter à bord. Il avait donné la direction d’Alice Springs à Wang ce qui ne contrariait pas vraiment ses plans à moins qu’il n’ait eu envie de faire du tourisme dans le coin au lieu d’aller directement à son but initial. L’autostoppeur avait indiqué un endroit à Wang sur sa carte, quelques kilomètres au nord d’Uluru et lui avait assuré qu’il avait vu une station service sur le chemin.

*****

Astrid et Lizzie avaient pris les propos de Rachelle pour ce qu’ils valaient. Elles ne comprenaient pas toujours ce qui pouvait bien se passer dans la tête de cette femme après tout. C’était une grande professionnelle, ça elles ne pouvaient pas lui retirer, mais elle semblait tellement froide, détachée et implacable tout le temps… On pouvait croire qu’elle vivait dans son monde à elle mais ce n’était pas aussi simple. Son petit jeu avec Domenico était des plus déconcertants. Elle semblait s’amuser de le provoquer alors qu’il était entravé, ce qui ne plaidait pas en sa faveur malgré les aveux de l’italien. Tout cela laissait Astrid perplexe sur les conditions de cette sinistre mésaventure avortée mais il y avait la présence de la jeune assistante de la française qui justifiait vraiment son intervention après tout.

Attendue un peu plus loin par les visiteurs, Rachelle avait fini par laisser de côté ses recherches pour le moment infructueuses. Whedon avait serré sa main tendue et écouté ses explications. La situation n’était pas exactement celle attendue, il ne pouvait prendre de décision seul pour le moment.

- Je dois contacter ma patronne pour savoir ce que nous allons faire au vu des éléments que vous m’avez communiqués. Je vous demanderai quelques minutes le temps que je lui téléphone. Nous ne sommes pas habilités à arrêter des gens et je ne vous ferais pas remarquer que des aveux sous la contrainte ne valent rien. Montrez l’homme en question à mon collègue et on verra ce qu’on peut faire. Enfin… sauf si vous avez l’intention de porter plainte pour harcèlement sexuel à mon encontre après que je vous ai serré la main…

Il s’excusa poliment avant de retourner vers son véhicule. Un homme armé avait été désigné pour accompagner Rachelle jusqu’à la tente du « prisonnier ». Elle ne mit pas longtemps avant de comprendre que la situation avait dérapé. Dix petites minutes en dehors de son attention avaient permis à Domenico de s’enfuir. A sa place dans le lit de camp, Astrid gisait inconsciente, la lèvre inférieure enflée et en sang, une contusion au niveau de la pommette gauche et les traces apparentes d’une main qui s’était refermée sur son cou commençaient à apparaître. Par chance, elle était toujours vivante même si elle respirait difficilement.

Une fouille rapide des environs ne donna rien, il avait filé avec la moto du camp. Le scientifique britannique qui l’avait utilisée en dernier pensait cependant qu’il ne pourrait sûrement pas aller très loin avec puisqu’il n’avait pas eu le temps de refaire le plein. Il ne pouvait pas assurer qu’il n’arriverait pas à rejoindre la prochaine pompe cependant. L’italien avait rassemblé tout ce qui se présentait sous sa main et l’avait embarqué avec lui, principalement une bonne partie du stock médical du médecin. Astrid revenait peu à peu à elle grâce aux sels qu’il n’avait pas pris. Elle était à la fois choquée mais rassurée qu’il n’ait pas abusé d’elle. Il n’avait pas eu le temps sans doute par crainte d’être surpris ou alors il avait autre chose en tête.

La suédoise raconta comment Domenico avait feint un malaise cardiaque et comme elle ne savait pas quelles substances Rachelle lui avait administré, elle l’avait détaché pour intervenir. Il l’avait rapidement assommée et elle ne se souvenait plus de rien ensuite. Elle regrettait de ne pouvoir être d’aucune utilité pour retrouver l’italien. Rachelle remarqua un papier plié en quatre au pied du lit de camp. Il avait du tomber quand la nordique avait été relevée sans que personne n’y fasse trop attention. Il n’avait retenu l’attention de la généticienne que pour une seule raison, son nom était inscrit dessus. A l’intérieur était griffonné un message court en français : « Rêve bien de moi la nuit en attendant ma prochaine visite ».

Whedon surgit à l’entrée de la tente après en avoir fini de son côté. Il avait rassemblé tout le monde pour faire part de ses nouveaux ordres.

- Je devais initialement ramener Bertin et mademoiselle Elizabeth mais il apparaît que la donne a clairement changé. Vous n’êtes plus que sept et vous n’êtes plus en sécurité ici alors vous êtes invités à accepter d’être évacués par nos soins en nous accompagnant. Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il s’agit d’une urgence sanitaire et vous n’avez été épargnés jusqu’à présent que grâce à l’isolement relatif de ce lieu. On plie bagage au plus vite. Vous avez trente minutes.

Il demanda à Rachelle de la voir un peu à part pour quelques informations complémentaires.

- J’ai des renseignements sur votre Domenico et ça n’annonce rien de bon aux dernières nouvelles. Un corps sans tête ni mains avait été retrouvé il y a quelques semaines en Italie. Il n’a pu être identifié qu’il y a trois jours grâce au numéro de série d’une prothèse médicale et il répond au nom de votre homme… Bertin est injoignable et une de mes équipes a trouvé plusieurs véhicules incendiés plus au nord. Il semblerait même aux premières constatations qu’ils aient été piégés pour tout dire. Il semblerait qu’on cherche à faire disparaître les scientifiques du coin quand une pandémie dramatique se déclenche… Ma patronne vous invite à la rejoindre avec vos collègues mais la décision vous appartient en ce qui concerne votre personne. Elizabeth nous accompagne, à vous de voir si ça vaut le coup de rester sans doute seule ici.
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Rachelle Vincent
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Lun 5 Aoû - 20:06

space3 Heureusement Rachelle possédait sa propre trousse médicale et une bonne réserve de produits pharmaceutiques. Elle assista efficacement Astrid, désinfectant la plaie, lui injectant un anti-inflammatoire, lui recommandant un peu de repos, sans pour autant lui témoigner de réelle compassion.
space3 Puis Whedon revint avec les dernières informations et de nouvelles directives
La mort probable de Bertin lui fit de la peine, elle l’aimait bien son vieux professeur, mais la colère l’emportait largement sur le chagrin. La biologiste pensait « Mais quelle idiote cette Astrid, ce n’est pas possible d’être aussi naïve et inconséquente. Avec ses stupides scrupules, elle fiche tout le monde dans la merde… ce salopard aurait pu être interrogé rapidement et nous aurait sûrement appris des choses utiles !» mais elle s’abstint de tout commentaire : après tout Astrid faisait ce qu’elle pouvait et le mal était fait. Il fallait penser efficacité, comme toujours.
    « Avant de partir il faut retrouver ce type et lui faire cracher ce qu’il sait. Çà peut nous avancer sérieusement pour savoir qui dirige ce complot et essayer d’en comprendre la raison. Je pense que votre « patronne » sera d’accord avec ma façon de voir. »
Rachelle laissa l’homme réfléchir avant d’ajouter :
    « Et le retrouver sera un jeu d’enfant, je lui ai posé une puce émettrice comme aux animaux que j’étudie. Je pensais qu’on ne pouvait pas laisser un tel prédateur sans surveillance et mon instinct ne m’a pas trompée puisqu’il s’avère qu’il est encore bien plus dangereux que je le croyais. »
Rachelle jeta un coup d’œil sur le papier écrit par le soi-disant Domenico et elle eut ce sourire étrange qui dérangeait Astrid et Elizabeth… le sourire du joueur qui est prêt à écraser un adversaire à sa taille… ou presque. La compétition scientifique l’avait fait mener bien des combats et Rachelle n’était pas femme à s’en émouvoir ; elle y trouvait même un certain plaisir.

Elle rentra la fréquence d’émission de la puce sur le logiciel de traçage de sa tablette et un signal s’alluma.
    « Notre collègue britannique a raison. Il n’est pas loin puisque je reçois le signal alors que nous sommes privés de relais satellite. »

Elle fit face à Whedon, elle n’avouerait jamais qu’elle faisait ça, autant pour venger la mort de Bertin que pour les informations qu’elle pourrait obtenir.
    « Dès que nous aurons capturé ce type ou obtenu les renseignements qui nous aideront à progresser plus vite, je vous suivrais mais pas avant. Et si vous aviez besoin de Bertin, alors vous avez besoin de moi ! »

Et elle partit chercher son fusil à charges anesthésiques. La chasse était ouverte et Whedon devrait bien en passer par là.
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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Mar 6 Aoû - 23:09


Le vent faisait tourbillonner le sable autour de la vieille anglaise,  froissant sans le ménager le col de la veste de Domenico. Wang passait une serviette dans son cou puis la posait sur le siège arrière et saisissait ce qui était sur le siège conducteur pour faire de la place au rescapé. Une fois celui ci assis, le Chinois tournait à nouveau la clef du tous terrains dont le bloc moteur trembla comme une feuille , secouant sa carcasse ancestrale.  Il pressait la pédale d'embrayage et quittait le point mort pour la première,  lançant à nouveau le Land Rover sur la route d'Alice Springs.

"Moi c'est Wang . Ne t'inquiète pas je vais t’emmener à Alice springs sans bobos supplémentaires tu as déjà donné on dirais."

Il évitait un écueil sur la route puis passait la quatrième en ménageant la vieille boite de vitesse.

"Je m'y rend aussi, je serais bien passé voir l'Ayers Rock mais l'urgence ne me permet pas de faire du tourisme. Je suis embauché par une compagnie Chinoise pour retrouver des employés en difficulté suite à un orage."

Il rétrogradait désormais pour passer un fossé plus doucement. Les cahots remuaient les deux personnes mais la voiture tiendrais bon. Elle avait beau ne pas être très confortable elle restait adéquat pour pratiquer ces pistes accidentées. Wang ne comptait pas faire un Paris-Dakar pour s'éloigner de leurs poursuivants car cela aurait été le meilleur moyen pour que la voiture les lâche. Il se contentait de garder un œil alerte sur la route pour éviter les nids de poule et les animaux sauvages comme les buffles, et atteignait un bonne vitesse uniquement quand la portion lui semblait de bonne qualité. Il privilégiait une conduite sûre, rapide et précise à une conduite plus nerveuse, les rapprochant de leur destination avec davantage de célérité mais augmentant les risques que le véhicule les abandonne. Si tout se passait bien ils seraient à destination avant les "criminels", même si Wang ne prenait pas cette version de l'Italien pour argent comptant.

S'il avait l'air sincère tout cela était assez capillotracté pensait il. Mais il ne pensait pas pour autant que Domenico était un fuyard il le voyait plus comme... Un beau parleur qui voyageait à l'oeil en invoquant la pitié pour se faire véhiculer. Les marques sur son visage étaient peut être dues à une bagarre ce qui arrive fréquemment chez les marginaux. Bien sur le fils Quianlong se doutait que sa version était bien trop précise pour être la réalité, mais çà l'amusait d'inventer des histoires comme cela sur les gens. Ils étaient nombreux à être si ennuyeux, si superficiels.  Il était tellement plus distrayant de leur prêter ces histoires quand celles qu'ils racontaient semblaient trop grosses.

La voiture passait entre des allées de fleurs blanches qui semblaient presque irréelles par une telle sécheresse. Wang n'en avait jamais vu autant, la richesse de la flore locale était pour un milieu aride tout à fait surprenante. Si l'on la comparait à un pays Européen comme l'Angleterre l'Australie avait quinze fois plus d’espèces natives, et inutile de dire que dans la Chine urbaine des années 2040  on pouvait marcher des heures avant de rencontrer ce qu'on pouvait trouver ici en une minute.

La biodiversité mondiale était mise à mal dans la réalité, qu'en était il de ce rêve?  A quelle époque étaient ils? Pour le moment il pensait être dans les années 1970.   Mike lui avait parlé de la seconde guerre mondiale avec un souvenir vivace, et la limousine de Conrad et son maître avait semblé sans âge. On lui avait donné une carte en papier et sa voiture était des années cinquante.  Il n'avait pas encore croisé le moindre appareil de l’ère numérique. Ni GPs, ni ordinateur ni portable. Même dans le Bush Australien on aurait du croiser un des ces éléments si communs dès le début du XXIème siècle. Il se décidait à poser la question qui se faisait de plus en plus présente en son esprit à l'homme assis prés de lui.

" Dis moi frankie, mon autoradio ne marche plus . Tu as peut être pu suivre un peux les infos avant de te faire capturer, il se passait quoi aux dernières nouvelles ?"
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John Anderton
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Sam 10 Aoû - 0:46

Astrid se confondait en excuses auprès de Rachelle pour avoir douté de sa dureté dans ses méthodes mais le mal était déjà fait. Elle se contenta de la remercier pour ses soins sans se mettre plus dans l’embarras. Whedon n’était pas vraiment convaincu du bien fondé de pourchasser le type qui l’avait mise dans cet état. Il n’était pas flic après tout, la vengeance ne menait nulle part et si jamais il était bien responsable de bien des événements cités, il devait sûrement être un exécutant. Toutefois, il avait bien compris que la française ne lâcherait pas le morceau alors il fallait trouver un compromis.

- Très bien, on le capturera sur le chemin… Mais on ne revient pas ici alors remballez votre matériel et on décampe. Avec la vieille moto qu’il a pris et à court de carburant, il n’ira pas bien loin à pied après dans le désert mais ne traînez pas à plier bagage quand même. Mes hommes vous aideront à prendre tout ce qui est vraiment nécessaire.

Il se fichait de donner un peu d’avance au criminel mais ils n’avaient pas de temps à perdre ici. Il y avait bien plus dangereux que lui mais un de ses hommes le rassurait sur le dernier relevé qu’il venait de faire à l’instant. Même si c’était une bonne chose, elle ne serait peut-être pas éternelle alors il ne valait mieux pas moisir ici. Avec la puce, il serait assez facile de localiser cet amateur et c’était sur le chemin donc il ne s’en formalisait pas pour le moment. S’il venait à changer sa direction, il aviserait alors à reconsidérer cette requête du docteur Vincent en fonction de sa propre mission.

Une fois les bagages faits, le convoi de Humvee dernière génération s’élançait sur la piste pour rattraper le fugitif qui avançait vraisemblablement moins vite qu’eux. Il avait parcouru une belle distance tout de même, ce qui suggérait qu’il avait plus de carburant qu’ils ne l’avaient imaginé ou qu’il avait trouvé un autre moyen de transport. Ils le sauraient d’ici un petit moment…

Domenico, ou Frankie quel que soit son véritable nom, avait commencé à bavarder un peu avec Wang. Un allié de circonstance ne pouvait être qu’utile même si c’était involontaire et il avait l’air de pouvoir servir et se défendre. Il suffisait de bien orienter la chose et avec les explications qu’il avait donné, si ses éventuels poursuivants se manifestaient, Wang essaierait de les empêcher de lui remettre la main dessus. Du moins il espérait bien que cela se passerait comme ça mais rien n’était sûr. Son plan initial avait plutôt bien marché jusqu’à hier soir mais par expérience il savait que quand un grain de sable décidait de se coincer dans l’engrenage, les ennuis tombaient en cascade. Eliminer ce grain de sable serait joindre l’utile à l’agréable quand le temps serait venu.

- Tu me sauves la vie mon pote. J’ai bien cru que j’allais finir desséché dans ce désert ou récupéré par ces tortionnaires. Désolé de t’embarquer dans cette sordide histoire mais je t’assure que c’était bien contre ma volonté s’ils ont voulu me kidnapper… On est bientôt arrivés à ma planque, je récupérerai vite mes affaires et tu pourras profiter pour faire une petite pause pendant ce temps mais reste prudent. Ces chacals pensaient se faire un paquet de fric en m’enlevant tout ça parce que je suis américain. Ils doivent sûrement encore être à ma recherche à cette heure et ils n’apprécieront pas si tu ne me livres pas.

Il avait enterré le reste de son matériel de professionnel à une vingtaine de kilomètres de leur campement pour ne pas être surpris ou avoir la malchance qu’un des scientifiques ne tombent dessus par hasard. Il devait lui rester quelques explosifs, ses couteaux et un peu de cash qu’il partagerait avec Wang pour le « fidéliser ». Après tout, toute peine méritait salaire et même quelqu’un comme lui ne remettait jamais en cause ce principe. Ces quelques billets seraient une goutte d’eau par rapport à ce qu’il toucherait une fois qu’il aurait fini le travail et quitté cette maudite île.

- Bah je n’ai pas eu l’occasion d’avoir des nouvelles très fraîches en captivité donc je n’ai pas grand-chose de neuf à t’apprendre. Je dois te dire que c’est toujours la même rengaine tous les jours alors on s’y habitue. Crise économique, récession, disputes sur les ressources qui se raréfient et les discussions internationales s’enlisent un peu plus chaque jour qui passe. Les vieux disent qu’une bonne guerre réglerait tout ça mais entre nous, je crois qu’on a laissé passé notre chance de bosser tous ensemble pour aller chercher la richesse ailleurs en se tirant dans les pattes à la place. On crèvera sans doute avec cette bonne vieille Terre si on ne s’entretue pas tous avant ça ! Tiens tu peux te garer juste après cette petite mesa, je n’en ai pas pour long.

Le latin s’inquiétait du nuage de fumée à l’horizon derrière eux. Plusieurs véhicules en convoi s’approchaient et il n’aimait pas les coïncidences dans un pays aussi vide. Son bras le démangeait et ses blessures se réveillaient comme si tout son être faisait déjà une réaction allergique à cette garce qui l’avait mis dans cet état. Finalement les retrouvailles semblaient être beaucoup plus proches que prévu et il n’aurait sûrement pas le temps de préparer quelque chose pour l’accueillir à son grand regret. Avec un peu de chance, ils passeraient à côté d’eux ou Wang ne les intéresserait pas. Il commença à creuser pour récupérer sa boîte.

Dans le tout terrain de tête, Whedon demandait à Rachelle si elle avait un plan en tête pour capturer son fuyard. Vu qu’elle avait l’air d’en avoir fait une affaire personnelle et qu’elle avait le don exaspérant de vouloir tout commander, il avait préféré lui laisser cet os à ronger pour mieux réussir sa mission. Le pseudo Domenico s’était arrêté depuis un petit moment à quelques petits kilomètres devant eux. Il ne leur faudrait qu’une poignée de minutes pour y arriver donc il était temps de penser aux détails pratiques !

*****


Kyle prenait peu à peu conscience de son personnage dans le rêve dans lequel il venait de plonger. Apparemment il ne serait pas vraiment dépaysé puisqu’il se réveillait encore une fois prisonnier, comme quoi il était bien difficile de se libérer de son karma… Il était allongé sur une couchette rudimentaire quand une ombre assez imposante s’approcha de lui.

- Alors la belle au bois dormant, tu as bien dormi ? Tu sais que tu nous auras fait cavaler mon cochon mais cette fois tu ne peux plus t’échapper… Un peu plus et j’aurais fini par abandonner. Se barrer dans un coin perdu comme l’Australie c’était pas de la tarte pour te pister et puis ça nous a coûté un bras. Tu ne nous rapporteras pas grand-chose en bénéfice mon salaud. J’aurais peut-être du te laisser faire quelques conneries sans dégâts humains pour faire monter ta prime après tout…

Un bras puissant le saisit par le bras alors que ses poignets étaient attachés devant lui par des menottes.

- Allez, on va te faire faire une petite promenade avant qu’on ne casse une graine. Profite de prendre l’air tant que tu peux parce qu’ils vont te coller dans un trou bien profond quand on t’aura livré.


Kyle ne mit pas longtemps à comprendre qu’il était à bord d’un bateau en sortant dans la coursive. Ils montèrent sur le pont et il put sentir brusquement l’air frais et le soleil du midi sur son visage. Ils naviguaient sur une rivière ou un fleuve apparemment.

- On est partis du lac Eyre derrière nous pour rejoindre Alice Springs par voie navigable. On s’est dit que ce serait plus simple pour nous de te livrer là-bas plutôt que de chercher leur foutue prison en Galles du Sud. C’est les Australiens qui s’occuperont de ton extradition parce que nous on a déjà eu assez d’emmerdes comme ça avec les Mexicains la dernière fois. On y sera dans deux jours et puis c’est aussi plus agréable pour toi de pouvoir bouger un peu par toi-même non ? Tu veux une clope ?

La liberté du moment pour Kyle était toute relative. Tout semblait devoir commencer par une évasion finalement. Qu’est-ce qu’il avait bien pu vouloir faire en Australie ça… Surtout dans un coin paumé pareil… Peut-être qu’il avait tenté de se faire oublier du monde et de se ranger des camions. Il avait pourtant commencé à se faire à l’idée qu’on ne changeait jamais vraiment… En tout cas il n’avait qu’à profiter d’un relâchement pour sauter à l’eau et regagner une berge pour se barrer, ce qui lui faisait entrevoir une liberté à portée. Le problème c’était qu’avec ses bracelets aux poignets, il serait plutôt compliqué de nager… Il avait encore deux jours pour se creuser la tête mais plus il se rapprochait de leur destination, plus ça serait compliqué…

HJ : Bon c’est un début pour Kyle, je ne donne pas trop de choses pour le moment parce que je préfère que tu découvres ou demandes par toi-même ce que tu voudrais savoir. Par principe, je vous ai placés chacun pas trop loin les uns des autres pour que vous puissiez finir par vous croiser comme sûrement Rachelle et Wang pour leur prochain post. L’Australie ça reste grand alors faut bien donner un coup de pouce pour les rencontres PJ/PJ ^^. En cas de besoin, questions ou autres, ma boîte MP est ouverte. Bon jeu !
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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Dim 11 Aoû - 21:29

Lors de sa discussion avec Franckie  Wang en avait appris un peux plus sur le rêve où il se trouvait.  Ainsi la terre était en crise et les " civilisations" fournissaient déjà  leur quotta  décennal d'ignorants grisonnants désirant la guerre. Une génération sachant pertinemment que si guerre il y avait ils seraient de toute manière dispensés d'y participer étant donné leur âge trop vieux pour se battre et trop jeune pour savoir de quoi ils parlent. Il n'y avait donc pas de raison d'essayer de réfléchir à une autre solution que la guerre puisque de toutes manière ils ne la feraient pas et qu'elle serait lointaine. Car oui, quand on veux la guerre on s'imagine bien souvent qu'elle aura lieu loin de chez soi, comme quoi les anciens de par leur naïveté restent bien de grands enfants. Le manque de réflexion va si loin qu'on en oublie qu'il faut être au moins deux peuples pour la faire cette guerre, et que l'adversaire n'a pas plus envie que vous de labourer ses propres champs à la bombe.

Domenico avait ajouté une chose intéressante, celle qu'ils avaient laissés passer leur chance de s'unir pour aller " ailleurs"  chercher les ressources. Cela fit "tilt" dans la tête de Wang, la variante notable entre ce monde et le sien était qu'ils n'avait pas colonisés Mars et la Lune, et ne résolvant pas les problèmes énergétiques  et de ressources les états étaient à couteaux tirés. Les mains sur le volant le Chinois restait pensif jusqu’à l'arrivée sur la mesa.

Alors que Domenico allait chercher ses affaires, Wang aperçu les humvee s'approchant. Pas vraiment des kidnappeurs on dirait, d'autant qu'il était indiqué  OMS sur les portières avec le logo de l'organisation. On avait plutôt affaire à des gens de bien.  Wang posa son chapeau sur le siège, fourra les clefs dans sa poche et enleva ses lunettes de soleil pour approcher du tous terrain de tête, et parler au premier visage qui apparaitrait.

"Vous tombez à point nommé j'ai récupéré quelqu'un sur la route d'un peux amoché, vous voudrez bien le prendre avec vous?"

Il gardait en tête qu'il avait une mission et que des hommes espéraient peut être encore la venue d'un membre de l'entreprise à laquelle il faisait partie.
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Kyle Brinkhurst
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MessageSujet: Re: Chapitre 1: Survie   Dim 11 Aoû - 23:29




Je me retrouve seul dans ce qui me sert de chambre. Quelques mètres carrés d'une intimité toute relative, puisque je les partage avec Milan. Mais quand on a passé autant de temps que moi à vivre dans les cellules plus ou moins exigües de centres ou de prisons médicalisées (ou non), c'est presque du luxe. D'autant que la chambre n'est qu'une partie de l'appartement, dont je peux profiter autant que je veux.

Pour l'heure, j'ai besoin de repos, je m'allonge donc sur ma couchette, et tente de trouver le sommeil. Contrairement à ce que je croyais, je ne tombe pas de fatigue, ou bien je suis trop crevé pour pouvoir dormir direct. Mes yeux se posent sur le casque, à côté de mon oreiller. Un cristalliseur de rêves. De rêves, hein ? Étrangement, un raccourci se créé dans mon esprit. Rêve égal sommeil. Sommeil égal repos. C'est tellement logique que ça semble idiot de le formuler ainsi. Sans l'ombre d'une hésitation, j'empoigne le casque et me le colle sur le crâne. Ce truc est des plus inconfortable, avec ses électrodes réparties sur mon cuir chevelu et mon front. Mais une fois activé, il me plonge rapidement dans un état de somnolence. Je lutte quelques secondes, par simple appréhension de l'inconnu, puis je me laisse aller.


* *** ***** *** *


Au moment où je ferme les yeux, je les rouvre et le monde autour de moi a changé. Plus de murs gris, plus de lumière rougeâtre caractéristique de Mars, plus cette sensation bizarre liée aux inducteurs de gravité que comportent les dômes, celle de Mars étant environ un tiers de celle de la Terre.

Le "passage" a duré le temps d'un clignement de paupières. Le réalisme est impressionnant. Je tente de me lever mais je constate que je suis menotté. Pas vraiment inhabituel, mais je ne m'attendais pas à cela dans un rêve. La paillasse sur laquelle je suis allongé, depuis un moment visiblement à considérer les douleurs dans mon dos, pue le moisi. La porte s'ouvre. Une de ces portes qu'on trouve sur les navires, tout en acier riveté, se fermant avec un volant situé à l'extérieur. Un type entre et me regarde avant de dire quelques mots.

Il semblerait qu'il était lancé à ma recherche. Même dans un monde imaginaire, on me court après pour m'enfermer. À croire que ma vie ne peut être différente. Je l'écoute attentivement, car avec le peu que je sais de ma situation, chaque parole peut être une information importante. Tout ce que je peux en déduire pour le moment, c'est mon point de chute. L'Australie.


Le gars me relève et m'emmène sur le pont. L'air est agréable, et le soleil chauffe dur. Je lève les yeux. On doit être à la mi-journée, à en juger par la hauteur du soleil dans le bleu pur qui nous surplombe, et aux ombres courtes à nos pieds. Le bateau longe une berge déserte. Ceci m'est expliqué par mon guide. On va vers Alice Springs depuis le lac Eyre. Ils comptent deux jours de voyage encore, ce qui (si mes souvenirs de l'école sont bons) veut dire qu'on est partis au moins deux jours plus tôt, si ce n'est plus. Viennent dans la conversation les mots "prison" et "extradition". Si tu comptes me renvoyer en taule, quelque soit le motif, tu rêves, l'ami. J'aurai eu dix fois l'occasion de te fausser compagnie avant d'arriver au point de livraison. Bien que ces menottes seront assez handicapantes pour une évasion en bonnes condition. Mais au moins ai-je les mains devant moi, pas dans le dos.

Tenter de me faire la malle maintenant serait assez logique. Mais en même temps, je viens de me réveiller, et j'ai apparemment donné du fil à retordre à ces types, alors ils vont m'avoir à l'oeil. Autant me tenir tranquille quelques heures, voire un jour, histoire de leur faire baisser leur garde. Le costaud me propose une cigarette, que j'accepte sans réfléchir. Le rêve semble être aux commandes de ce qui m'arrive, mais je n'ai pas le dessus sur tout. Moi qui ne fume pas, me voilà à aspirer de longues bouffées avec le plaisir d'un gars qui n'a pas tiré sur un clope depuis des jours.

Je reste un instant sans parler, à regarder la berge défiler lentement. Qu'y a-t-il derrière cette mince ligne verdâtre ? L'Australie est grande et assez désertique. Tenter une évasion ici reviendrait à foncer tête baissée dans le désert, avec peu de chances de m'en sortir vivant. Ou de bonnes probabilités pour me faire reprendre. Mais qu'est-ce que je risque, après tout ? C'est un rêve. Si je meurs ici, je me réveillerai sur Mars, dans mon lit. Alors autant s'amuser un peu...


    « Combien de temps je suis resté dans les vapes ? Je ne me souviens de rien avant de m'être réveillé ici... J'ai du prendre un sacré coup sur le cigare, parce que j'ai l'impression d'avoir loupé plusieurs jours. »

Pendant que le grand blond me répond, j'écrase mon mégot sur le bastingage avant de le balancer par-dessus bord et de le regarder flotter dans le sillage en s'éloignant.
H.J.:
 
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