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 Rêve antique - Césarion

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Alia Atreides
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MessageSujet: Rêve antique - Césarion   Mar 2 Juil - 12:56

CESARION



space2 Le premier scénario que je vous propose commence par la fin : vous êtes en -40. Pompeia Sulla est très mécontente : Cléopâtre VII  vient de poser ses bagages dans une coquette villa proche de Rome. Une maîtresse de plus ou de moins, l’épouse de César s’en moque bien. Ce qui l’ennuie c’est ce petit gamin que la reine d’Egypte appelle Cesarion. Ce petit futur pharaon éclipserait à la fois Brutus, dont Pompeia se fiche absolument, mais surtout le nouveau fils qu’elle entend bien offrir à César.

Certaines rumeurs prétendent que des preuves se trouveraient à la fameuse bibliothèque d’Alexandrie. Comment savoir? Pompeia Sulla cherche de façon discrète, dans les milieux interlopes de Rome, quelqu’un qui accepterait de chercher des preuves  irréfutables de la non-paternité de César, ou de détruire les preuves si elles s’avéraient contraires à ses espérances ou... n'importe quoi, qui la débarrasse de ce souci.

Note
Spoiler:
 

    - Mettius, mon vieux, l’arrivée de Cléopâtre m’embête bien. Je l’ai fait installer dans une villa un peu éloignée pour que le peuple de Rome ne la voit pas trop : son arrivée en fanfare les a bien exaspérés. Vox populi, vox Dei, et la vox dei me sera bien utile pour mettre en sourdine la voix de certains sénateurs. Ils s’agitent en ce moment, les bougres !

    - Julius, je ne voudrais pas te contrarier mais il n’y a pas que ça. Ta prise de pouvoir dictatorial et l’éviction de certains sénateurs ne plaisent pas à tout le monde.

    - Bah, l’armée est avec moi et puis ça va bien, tous des nuls, ça cause, ça cause et ça fiche rien. Il fallait bien que je prenne le pouvoir pour faire avancer les choses.

Jules César et son ami Mettius étaient allongés sur des divans dans le Triclinium privé du palais impérial. Tout autour de l'impluvium, une dizaine d’autres convives, tous des proches de Jules, mangeaient des mets raffinés, servis par des esclaves impériaux.

********************
Pompeia Sulla, la dernière épouse de César s’entretenait avec son amie, une cousine de César. Elles aussi parlaient de Cléopâtre et de son fils qu’elle avait eu l’audace d’appeler Cesarion.

    - C’est inadmissible. Et elle ose venir à Rome poser ses malles maintenant, saleté de petite intrigante, à ta place, je ferais quelques chose !

    - Tu as raison Antonia. Je dois dire que si elle avait amené le petit têtard pharaonique avec elle, je crois bien que j’aurais organisé un joli feu de joie dans la villa que mon imbécile d’époux lui a prêtée. Mais cela ne servirait à rien et surtout ça ferait bien l’affaire de ce crétin de Brutus qui n’hésiterait pas à m’accuser pour faire remonter sa côte de faveur.
    Elle chuchota : « rassure toi j’ai déjà prévu un truc… on verra ce que ça donne. »

La nuit était étoilée et les rues de Rome n’étaient pas encore désertées par les badauds qui profitaient de la fraîcheur de ce début de nuit estivale.

Hors les murs de Rome, juste au delà de la limite de la zone urbaine, là où l'autorité des tribuns de la plèbe et du pouvoir militaire ne peut plus s’exercer, dans une taverne louche du pomerium, deux individus sont attablés à une table crasseuse. Ils ont l’air un peu perdus… le vin lourd servi à grandes rasades d’amphore en est il la cause ? Par tous les Dieux, il n’en est rien !

Un jeune garçon à l’air furtif les aborde.
    - Le patron m’a dit que je pouvais m’adresser à vous pour un travail… hum… délicat.

Il s’adresse aux deux clients. Un grand jeune homme maigre qui tient entre ses mains étonnamment longues et gracieuses une choppe en fer. Son compagnon est encore plus étrange, avec un gros nez et un teint jaunâtre, il rappellerait un peu ces hommes des hordes sauvages venues de l’Est. Mais le jeune esclave n’en a jamais rencontrés ; il pense simplement que le jeune homme doit être malade. Il hésite un peu, mais le patron de la taverne a la réputation de bien connaître les truands de la voie Apia, il décide de leur faire confiance.
    - Ma maîtresse a un travail à vous donner si vous êtes prêts à voyager. Elle a besoin d’hommes intelligents et habiles pour un travail spécial, d’hommes qui connaissent le monde. Elle vous paiera bien ma maîtresse si le travail est bien fait.

Le jeune esclave dit ça sur un ton de grande fascination… le monde pour lui se limite à Rome et à sa proche campagne. Il ne connaît rien des truands et des aventuriers qu’on rencontre dans les bas-fonds de la grande cité. Pompeia Sulla lui a donné une mission et il fait du mieux qu’il peut pour l’accomplir.

Il regarde Wang Qianlong et Gadd Wesley.

Les deux rêveurs sont arrivés par le plus grand des hasards au même moment dans le même rêve sans le savoir.
    - A côté de Gadd se trouve une petite lyre transportable facilement.
    - Tous deux possèdent une besace qui contient l’essentiel de ce qu’un voyageur peu fortuné emporte avec lui, dont de courtes dagues servant autant à tailler la viande qu’à se curer les ongles.
    - Wang trouvera une fronde dans son sac et Gadd, quelques vilains morceaux de parchemins de piètre qualité, une plume d’oie taillée avec un flacon d’encre de seiche lui permettant d’écrire des partitions.
    - Chacun possède une bourse contenant quelques sesterces… de quoi se payer quelques nuits dans une auberge et de se nourrir pendant une dizaine de jours. Ils ne se connaissent pas ne peuvent se douter qu’ils sont rêveurs.
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Gadd Wesley
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Mar 2 Juil - 15:18

Juste après avoir enfilé sa machine à rêves sur la tête, Gadd se retrouva en plein milieu de la Rome antique. La première chose qui l’avait marqué était l’odeur pour le moins nauséabonde. Il se trouvait au beau milieu d’une rue déserte. Au moins, personne ne serait surpris de le voir apparaître d’un coup d’un seul. Après coup, il se demanda quelle aurait été la réaction des plébéens en le voyant ainsi apparaître. L’auraient-ils pris pour un dieu ? Probablement pas étant donné sa faible musculature bien loin des standards divins. Néanmoins, sa haute taille dénotait pour l’époque. La moyenne étant alors d’environ 1.60m, Gadd dépassait la très grande majorité des gens quoiqu’il en croisa certains de très haute stature. Il aperçut même un homme à la démarche féline et à la peau tannée par l’exercice qui devait atteindre les 2 mètres.

Toujours était-il qu’il était maintenant dans une sombre ruelle et qu’il ne savait pas vraiment où il était, hormis le fait qu’il était à Rome. Après être prestement sorti de l’étroite rue, il se trouva dans une petite place toute aussi glauque et puante. Quelques marchands commençaient à ranger leurs étals. L’un d’eux, voyant le jeune homme aux yeux bleus arriver, l’interpella.

- Hola le pilum ! Vous auriez bien besoin de manger quelque chose de consistant. Vous n’avez que la peau sur les os ! Heureusement, j’ai ce qu’il vous faut ! Je suis certain qu’un peu de pain et de pulmentum vous feraient le plus grand bien.
- Du pulmentum ?

Gadd essaya de se souvenir de ce qu’il avait entendu dire sur l’alimentation de l’époque mais ce nom ne lui disait vraiment rien. Toutefois, il sentait qu’il avait un petit creu. Ce serait l’occasion de goûter à la gastronomie romaine. Il fit signe au marchand de lui montrer ce qu’il appelait du « pulmentum » et découvrit une simple boullie. Lorsqu’il demanda de quoi elle était faite, l’autre eut d’abord un regard surpris puis enchaîna, visiblement méfiant.

- Ben, rien d’inhabituel. Orge, blé, froment, menthe, huile d’olive et beurre. Croyez-moi, je n’ai rien à voir avec ces histoires d’intoxications alimentaires dans le quartier. La vielle Filda était déjà à moitié morte quand elle m’en a acheté !

Gadd eut tout d’abord la tentation de demander si le vendeur à l’étal était responsable de l’autre moitié avant de se dire qu’il fallait mieux ne pas chercher à se faire remarquer. Il continua.

- Bon, je vais vous prendre un morceau de pain.
- Ah ! mais goûtez donc du pulmentum, les dieux eux-mêmes en réclament !
- Je n’ai pas la prétention de voler aux dieux ce qu’ils souhaitent obtenir. Vous feriez bien d’en faire offrande à Mercure, ça vous permettra de faire du commerce dans une belle agora !

Les marchands alentours partirent d’un grand rire, visiblement heureux de voir un client détourner les arguments de vente du vendeur à l’étal. Ce dernier, furibond, tendit un morceau de pain et réclama un prix qu’il avait certainement gonflé un peu histoire de ne pas perdre complètement la face. Le jeune artiste n’insista pas, c’était une manière de se quitter bons amis. Parmi les autres marchands, l’un d’eux, qui n’avait pas rangé son étal, s’adressa à Gadd et le complimenta sur sa haute taille tout en l’orientant vers son propre étal. Le jeune homme aperçut qu’il vendait quelques vêtements de piètre qualité qui ne devraient pas lui être utile. Là-dessus, il salua les quelques marchands et s’en alla. La nuit allait bientôt tomber et il lui faudrait trouver un abri. L’un des marchands lui avait conseillé une petite auberge en bordure du pomerium, auberge tenue par un lointain cousin. Le jeune homme s’était dit que cela valait mieux que d’arriver complètement dans l’inconnu et, de toute manière, il n’avait pas sur lui de quoi s’offrir un gîte luxueux.

C’est ainsi qu’il pénétra dans l’auberge. Il avait marché pendant une demi-heure avant d’y parvenir et la nuit était à présent tombée. Il commanda rapidement un repas le plus simple possible et regarda autour de lui où il pourrait s’asseoir. Les quelques tables étaient presque toutes prises, c’est alors qu’il remarqua une petite table vide dans un coin. Au moins, il y aurait la place de dîner tranquillement.

Une fois assis, il fouilla plus en avant son sac. La lumière des bougies était suffisamment forte pour identifier de courtes dagues, de quoi écrire ou dessiner ainsi que quelques piécettes qui trainaient dans les coutures du sac. Rien de bien précieux, mais des choses qui pourraient s’avérer utiles. C’est alors qu’il remarqua une petite lyre sur la table. Lorsque l’aubergiste lui apporta son repas fait d’un autre pulmentum à l’aspect à peine moins suspect que le précédent, Gadd eut d’abord l’air méfiant puis se dit que tout le monde mangeait la même chose dans l’auberge, au moins n’irait-il pas mourir seul. Le jeune homme en profita pour demander s’il pouvait payer son repas voire une nuit de sommeil en jouant un peu de lyre. L’aubergiste eut d’abord un air renfrogné, il aurait préféré des sesterces. Sa réponse n’en réjouit pas moins le musicien virtuose qu’était Gadd.

- On verra bien. Jouez bien, et je réfléchirai à votre offre.

Au mieux, il aurait un repas et une nuit gratuits, au pire il paierait un peu et prendrait beaucoup de plaisir à jouer. Il connaissait quelques airs grecs qui avaient traversé les époques. Il saurait s’en inspirer afin de faire quelque chose qui plaise à ces romains. Et s’ils lui demandaient d’autres styles musicaux, il saurait s’adapter.
C’est avec un grand sourire qu’il commença à faire danser ses doigts sur les cordes de la lyre.

Spoiler:
 


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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Mer 3 Juil - 22:08

Wang était  arrivé dans cet univers les mains à plat sur une table. Le bois  qu'il touchait était  rayé par la centaine de voyageurs qui passaient par là et l'avait endommagée en coupant leurs aliments ou en y dessinant tout et n'importe quoi,  comme sur les murs de Pompéi.




Il avait un récipient devant lui, cela sentait le vin, il en bu quelques gorgées et grimaça. Non seulement il n'était pas grand amateur du raisin fermenté mais en plus celui-ci était loin d'être un grand cru. Alors qu'il écoutait un homme assis à sa table qui jouait d'un antique instrument un jeune garçon venait leur proposer un travail.  Wang eu l'immense surprise de se rendre compte qu'il comprenait tout ce qu'on lui disait alors que c'était...une langue Européenne inconnue. On proposait du travail à lui et au musicien.  De l'intelligence il s'en trouvait assez, pas étonnant car  c'est avec celle là même qu'on juge si on en est bien doté comme dirais Descartes. Habile cela dépendait en quel sens, quand à connaitre le monde Wang sourit car il mourrait d'envie de répondre " Je viens de venir à ton monde il y a une minute laisse mois le temps d'assimiler" .

 Il regarda dans sa poche, il avait quelques pièces cela ne lui ferait sans doute pas de mal d'en avoir un peux plus s'il voulait pouvoir retourner des fois dans ce rêve sans avoir à mendier ou à faire ce que l'on attendait de lui étant donné son physique barbare, voler. Il parlait pour répondre, surpris de voir que ce qu'il pensait dire sortait de sa bouche comme s'il eut s'agit de sa langue maternelle."Tu peux dire à ta maitresse que je suis intéressé j'adore voyager." Il regardait le musicien qui terminait de jouer pour payer sa consommation, se demandant bien s'il l'accompagnerait.
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Alia Atreides
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Jeu 4 Juil - 12:00

Le jeune esclave décida de délivrer l’intégralité de son message :
- Ma maîtresse vous recevra dans la « Maison des fleurs » qui se trouve vicus Patricius. Soyez y à la seconde heure après meridies.

Ainsi le jeune homme repartit vers la ville avec l’impression d’avoir accompli une aventure fabuleuse. Un grand secret devait couvrir cette affaire et sa maîtresse avait bien insisté pour qu’il ne la nomme pas. Tout esclave savait bien ce qu’il pouvait lui en coûter de ne pas obéir aux ordres et pour rien au monde il n’aurait trahi son impériale patronne. Il prit bien garde de ne pas être suivi et fit quelques détours afin de s’en assurer, même si il se doutait que des étrangers auraient eu le plus grand mal à le suivre dans le dédale des rues romaines.

Gadd Wesley joua de son instrument dans la plus grande indifférence du public. Il était évident que les clients venaient ici pour boire ou pour traiter des affaires plus ou moins louches... la musique n'était pas leur centre d’intérêt.
Le patron fut le seul à apprécier et il proposa de loger les compères gratuitement en échange de ce petit concert - en fait il lui restait des couchages inoccupés et cette largesse ne lui coutait rien. Le gite était modeste et surtout communautaire : une pièce sous le toit, charpente apparente, avec une vingtaine de paillasses plus ou moins propres. Au moins ils étaient à l'abri des malfrats et de la fraicheur de la nuit.

Spoiler:
 


Si les deux compères décident de se rendre au rendez vous, ils trouveront la Maison des Fleurs sans problème, située dans un quartier plutôt bourgeois. Une fois la porte franchie, un esclave musclé les accompagnera dans un vestibule.
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Gadd Wesley
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Ven 5 Juil - 12:55


C’était à croire que ce n’était pas le hasard qui l’avait mené à ces marchands qui l’avaient eux-mêmes mené à l’auberge. En effet, au bout de quelques heures passées à jouer en enchainant des airs variés - certains pleins de mélancolie, d’autres très joyeux et dansants bien au contraire – le jeune musicien put constater que ses mélodies n’eurent pas le succès escompté. Il en fut déçu, mais en même temps il en fut assez peu surpris étant donné la qualité du public. L’aubergiste, lui, avait l’air satisfait et avait offert aux deux compères de passer la nuit gratuitement dans son établissement.

Oui, les « deux » compères. Car un homme étrange venait d’apparaître d’on ne sait où. La première réaction de Gadd fut de se dire qu’il ne l’avait pas vu arriver, mais sa table était dans un coin, un peu isolée du reste de la salle, or il avait eu une vue parfaite sur la salle tandis qu’il jouait. Que devait-il en déduire ? Cet homme venait-il d’une porte qu’il n’avait pas vu ? Avait-il toujours été ici ? Puis, en l’étudiant de plus près, le néo-romain qu’était le franco-américain comprit. Quoi donc ? Que cet homme-là n’aurait pas dû être ici. Son teint de peau, ses trais et, plus généralement, son physique le trahissaient. Alors qu’était-il ? Une erreur de programmation ? Ou bien un homme venu, plus probablement, du monde réel ?

Mais le jeune homme n’eut pas le temps d’obtenir une réponse satisfaisante à son questionnement intérieur que, déjà, un jeune garçon s’approchait et leur fit une proposition pour le moins suspecte, étant donné le contexte de cette auberge en périphérie de la ville. Le jeune homme en question leur proposait, au nom d’une mystérieuse maîtresse, un travail « spécial » qui nécessiterait de voyager et connaître le monde, d’être intelligent et doté d’une certaine habileté. Bref, il fallait quand même déjà un bon CV à l’époque romaine pour être embauché, se dit l’homme à la lyre dans un sourire pour le moins malicieux.  S’il doutait d’être particulièrement intelligent, il se savait pas trop idiot. Quant à être habile, il pouvait se définir ainsi dans une certaine mesure. Avec une lyre ou une plume de scribe entre ses doigts, il était effectivement plutôt habile. Mais s’il s’agissait d’une épée à porter, il se jugeait loin de mériter un tel qualificatif. Pour ce qui était de connaître le monde, il en connaissait quelque peu sa géographie du 21ème siècle de par sa mère et sa situation du 1er siècle avant notre ère grâce au peu d’histoire qu’il avait étudié. Pas franchement le meilleur job pour lui.

Son sourire se crispa quelque peu lorsque le jeune garçon annonça qu’ils seraient bien payés si le travail était bien fait. Qu’est-ce que cela signifiait ? Que se passerait-il en cas d’échec ?  Question qui en amena d’autre. D’où venait ce jeune garçon ? Comment les avait-il trouvés ? Voila bien trop de mystère pour accepter le boulot, pensa Gadd. Néanmoins, une part de ce mystère semblait plus intéressante.  Son compagnon de table avait d’ors et déjà donné son accord.

L’esclave ne lui laissa pas le temps de répondre et leur annonça un rendez-vous « à la seconde heure après meridies », le jour de Mercure. N’était-ce pas là le dieu le plus voyageur, lui, le messager ? Drôle de hasard. Mais un rendez-vous le meridies ne donnait pas la date actuelle. Quel jour était-ce ?

Peu après que le garçon soit parti, le jeune musicien continua à jouer de son nouvel instrument pour terminer son service auprès de l’aubergiste. Et alors que ce dernier vint lui demander s’il comptait effectivement rester pour la nuit, Gadd en profita pour lui demander quel jour on était. A la première question, la réponse fusa. On était Martis dies, le jour de Mars. Bref, c’était le lendemain qu’avait lieu leur rendez-vous galant.  Contrairement à ce que pouvaient prétendre certaines chansons de l’ère moderne : demain, ce n’est pas si loin. Et le musicien, lui, n’avait toujours pas décidé de la marche à suivre.

Au final, sa décision fut celle de sa curiosité. Il allait suivre cet être manifestement d’origine orientale et vérifier s’il était un programme ou une réalité. Pour lui signifier sa décision, il lui annonça simplement :

- Il serait bon de ne pas partir complètement dans l’inconnu. Avant  d’ajouter dans un sourire malicieux, tâchons de savoir dans la gueule de quel loup nous allons nous fourrer ou à quelle sauce nous allons être mangés.

Sur ces paroles, il s’orienta vers l’aubergiste et lui demanda ce qu'il connaissait du jeune garçon et de ses employeurs.
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Alia Atreides
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Ven 5 Juil - 15:58

Le patron regarda le musicien... il lui plaisait bien ce grand échalas qui le faisait un peu sortir de sa routine.

    "Héhé ricana le patron, j'en connais autant que toi si tu es observateur.

    C'est un esclave car il porte l'anneau de fer mais il appartient à une riche maison car il est propre et que ses vêtements sont de bonne qualité. Il ne fait pas de travaux difficiles car ses mains sont délicates.
    Je dirais que c'est un fils d’esclave dont la mère sert à Rome car il est trop jeune pour être un prisonnier de guerre et parle parfaitement le latin châtié de la cité. Je dirais qu'il sert une femme car il sent le parfum et je dirais que sa maîtresse a des vues sur son pucelage car ses sandales sont faites de cuir fin et qu'il porte une bien belle fibule, ce que bien peu d'esclaves peuvent s'acheter avec leurs maigres revenus, surtout si jeunes. Je prophétiserais qu'il ne refusera pas de combler sa maîtresse, si ce n'est déjà fait, pour gagner un jour son affranchissement.

    Pour le reste il m'a proposé 50 sesterces pour lui indiquer des hommes fiables et prêts à se lancer dans l'aventure pour de l'argent... vu les clients que j'avais sous les yeux, ivrognes, margoulins patentés et commerçants en transit, il me restait que vous deux comme possibles... alors bon 50 sesterces ça se refuse pas, hein !"

Là dessus le bonhomme rota un grand coup et se mit à partir d'un bon gros rire d'homme honnête et content de lui.
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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Sam 6 Juil - 20:01

Wang avait écouté le patron de l’établissement, un homme observateur mais répugnant qui lui rappelait ô combien les européens étaient des rustres à l'époque, sans pour autant vraiment leur en vouloir.  Alors que la dynastie de l'ethnie Han à laquelle il appartenait menait la Chine vers son âge d'or, il se retrouvait ici, barbare parmi la "civilisation". Bien sur, chez lui on avait déjà écrit le Jiǔzhāng Suànshù," Les Neuf Chapitres sur l'art mathématique" dont certaines principes seraient  "découverts" par les européens au XIIIème siècle voir au XVIème siècle pour certains, chez lui on en était déjà au féodalisme,  l'Empereur Wudi qui régnait à ce moment étendrait jusqu’à 10 000 km la muraille de Chine mais non. Qu'importe si dans  plus de 150 ans l'Empereur Romain Hadrien se pavanerait pour avoir bâti un muret de tourbe  de 117 Km. Il était un métèque parmi les margoulin blancs.

Il regardait dans son sac. Une fronde. Il se remémorait ses cours d'histoire dispensés cet abominable monsieur Chew. "Durant la période des royaumes combattants nous avons utilisés l’arbalète".  Soit entre le Vème et le IIème siècle avant Jésus Christ.  Il n'y avait guère qu'un ingénieur Grec pour en avoir conçus un équivalent de leur coté à la même époque, Wang pouffait en pensant que pour les ancêtres des Italiens la fronde devait être un summum technologique.

Le musicien avait raison, partir dans l'inconnu était risqué mais il avait confiance en lui, il n'y avait que dans les rêves qu'il avait cette confiance d'ailleurs, peut être était ce parce que pour lui, débarrassé de la crainte de la mort celle de la souffrance paraissait bien dérisoire?  "Bon hé bien pour ma part, je viens de loin et je ne connait pas vos unités de mesures horaires, alors je ne sais pas trop à quel moment venir au rendez vous. Je pensais me diriger vers la mer pour rencontrer les marchands mais finalement je vais me rendre directement au lieu dit. Il baissa la tête pour saluer Gadd " Je m'appelle Guó wài, je suis envoyé par les Han pour les renseigner sur le monde". Et de fait, cela n'était pas impossible. Les Han avait envoyé des explorateurs en Perse, Parthe, et jusque dans l'Empire Romain. Restait que pour un nouvel arrivant il parlait étrangement bien la langue...
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Gadd Wesley
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Dim 7 Juil - 12:11

Musique d'ambiance :
 

Impressionnant cet aubergiste. Quel sens du détail ! Gadd, lui, était passé à côté de l’essentiel de ces informations. S’il avait remarqué cet anneau de fer, il avait complètement oublié que cela aurait dû l’aider à identifier un esclave. Et, de même, il avait remarqué cette fibule sans avoir su évaluer son degré de sophistication. Sur ce type de choses, il demeurait tout à fait étranger à ce monde-ci. Il avait beau parler encore mieux latin que d'habitude, il restait un être humain de 2048 avant tout. Drôle de sentiment que celui éprouvé lors d’un rêve. Le jeune franco-américain se sentait à la fois chez lui et perdu à l’étranger. Après coup, il se dit qu’il éprouvait aussi ce genre de sentiment lorsqu’il était éveillé. Les rêves et la réalité s’entrecroisent, la seconde étant le terreau des premiers.

Ainsi, ce jeune esclave travaillait pour ce qui semblait être une riche patricienne, si les propos de l’aubergiste s’avéraient exacts. Gadd restait très suspicieux car il se savait naturellement bien assez naïf. Pourtant, cet aubergiste n’avait pas l’air malhonnête pour un sou. Mais il pouvait encore s’être trompé ou même avoir omis un détail crucial de manière involontaire… ou tout à fait voulue. Cette suspicion était pour l’homme à la lyre un moyen de se protéger de ce qu’il ne connaissait pas ou peu. Et, en ces lieux, il se sentait très ignorant alors même que l’Histoire – et l’Antiquité plus particulièrement – l’intéressait énormément. Mais c’était là une expérience incroyable qui pourrait à jamais changer sa vie. Un siècle plus tôt personne n’aurait pu prétendre vivre dans plusieurs endroits à la fois. Et maintenant, c’était une réalité tout à fait commune. Quand on pense à ce que les scientifiques avaient imaginé, on se dit qu’il est vain de vouloir connaître le futur. Tout ce que l’on connait, c’est le passé proche.

Si c’était une patricienne qui les avait engagés, peut-être cherchait-elle à régler quelque querelle amoureuse ou, pire, voulait-elle faire de ces deux êtres des instruments pour  gagner en influence ? Si elle cherchait des hommes de main dans des bouges du pomerium, c’est que leur tâche ne serait à priori pas des plus reluisantes. Elle ne cherchait manifestement pas des serviteurs bien éduqués voire des précepteurs suffisamment cultivés pour enseigner à sa descendance. Peut-être serait-il plus sage de refuser et d’éviter de se rendre à ce rendez-vous du meridies.

Et 50 sesterces correspondaient-ils à la valeur de leurs vies ? Pendant un instant, le musicien eut un regard assassin envers l’aubergiste puis il se rappela que celui-ci ne cherchait qu’à gagner sa vie. Et il en aurait fait de même ici à Rome ou avant, lorsqu’il était un "street performer" à New York.

Puis l’aubergiste émit une espèce de rot qui sembla ne pas être du goût de son collègue oriental. Il semblait être habitué à un plus grand raffinement. Gadd, lui, avait été lui aussi habitué à plus de raffinement avant d’être séparé de ses parents. Mais dans la rue, le bruit d’un rot n’était pas le plus glauque que l’on pouvait entendre et son parfum pour le moins musqué n’était pas le pire que l’on pouvait sentir. C’était peut-être là l’une des raisons pour lesquelles il appréciait cet aubergiste, il était sympathique et ne cherchait pas à paraître plus soigné qu’il ne l’était en réalité. C’était là une certaine forme de sincérité, certes répugnante.

C’est alors que l’oriental prit la parole. Il disait ne pas bien connaître les unités de mesure horaires romaines. Au moins seraient-ils deux dans ce cas. Gadd, lui, les connaissait un peu, mais sans les maîtriser pour autant. Son interlocuteur se nommait donc Guó wài,  « envoyé par les Han pour les renseigner sur le monde ». Cela était étrange. Un émissaire d’une si grande nation aurait préféré une nuit dans un bouge miteux à un hébergement dans une magnifique villa patricienne située dans la belle campagne romaine ? Et pour parler latin sans accent aucun, il lui aurait fallu naître à Rome, ce à quoi le musicien ne croyait finalement qu’assez peu. Etait-il donc un autre rêveur ? ou bien ce qu’il disait était-il dénué de tout mensonge ? Le jeune homme tenait à connaître la vérité. Pour l’instant, tout cela semblait bien flou.

Il était visiblement temps de se présenter. Fort heureusement, Gadd avait pensé à faire des recherches avant de s’en aller rêver afin de garder au maximum son anonymat. Il avait un nom « à la romaine » tout prêt. Gnaeus Artifex Lyrus Wesleyanus. Son praenomen, Gnaeus, avait été choisi du fait de son initiale commune à son prénom réel. Son nom de famille, Lyrus Wesleyanus, indiquait que, anciennement de la gens Wesleyus, il avait été adopté par la famille Lyrus, qui n’était en fait qu’inspirée du nom de la lyre. En effet, était-il encore un Wesley ? Sa famille n’était-elle pas devenue ses instruments de musique et, plus généralement, son art ? Artifex, enfin, constituait son cognomen. Artifex pouvait tout aussi bien signifier artisan, artiste, auteur que spécialiste. Ce qui, selon Gadd, lui correspondait plutôt bien.

- Gnaeus Artifex Lyrus Wesleyanus pour te servir, étranger. Je ne suis qu’un simple artiste itinérant qui se rendait à Rome avec quelques rêves de gloire mais il semble que les dieux avaient d'autres desseins à mon sujet. Il prit une mine pensive pendant quelques instants puis continua, le rendez-vous aura lieu demain, après que le soleil ait atteint son zénith. Après cela, nous en saurons plus sur les intentions de la propriétaire de ce jeune esclave. Nous ne serons pas trop de deux, il me semble. De même, il semble que nous ayons le temps de faire connaissance avant ce rendez-vous.

C’était là une invitation à échanger. Mais une invitation tout à fait déclinable.


Dernière édition par Gadd Wesley le Lun 8 Juil - 18:21, édité 1 fois
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Alia Atreides
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Lun 8 Juil - 17:28

space3 En suivant leur guide les deux visiteurs auront le temps de voir l’atrium où se trouvent des hommes allongés sur des divans et nombre de femmes jeunes et dénudées occupées à leur prodiguer diverses attentions. Quelques jeunes éphèbes s’affairent également et des esclaves, presque des enfants, servent des boissons et des fruits à l’ensemble de ces convives. Deux musiciens jouent de la lyre et de la flûte, offrant aux clients une ambiance sonore d’inspiration hellénique.




space3 Si nos compères avaient pu conserver le moindre doute sur l’endroit dans lequel ils se trouvaient, les scènes érotiques des peintures murales les auraient définitivement édifiés. Ils sont dans un lupanar mais celui-ci ne ressemble pas à la majorité d’entre eux, sombres et sordides. Celui-ci est clairement destiné à des hommes de goût, riches et exigeants.

*****************

space3 L’esclave les conduisit dans un couloir et les fit pénétrer dans une pièce de petite taille, visiblement une chambre.

space3 Une femme voilée les attendait, demi allongée sur le lit. Elle leur fit signe de prendre place sur les deux cathèdres de part et d’autre d’un grand coffre.
Les deux compagnons purent observer, à la finesse de ses mains, à sa posture, puis au timbre de sa voix, qu’il s’agissait d’une femme jeune. Habillée avec une sobre élégance, aucun signe distinctif, aucun bijou, rien ne permettrait de l’identifier une fois sortie de la domus. Il était évident qu’elle ne venait pas chercher ici ce qu’on vient y chercher ordinairement.

Elle posa quelques questions pour sonder les intentions et les capacités intellectuelles des hommes qu’elle souhaitait recruter. Les premiers échanges verbaux semblèrent satisfaisants pour les deux parties et la femme décida d’en dire un peu plus.

    « Je travaille à défendre les intérêts d’un homme de haut rang mais je ne souhaite pas demander le concours de nos collaborateurs habituels car certains auraient des intérêts à falsifier les résultats ou à profiter d’informations pour renforcer leur position personnelle. J’ai besoin d’hommes que la politique de Rome n’intéresse pas : vous par exemple. En revanche vous serez bien payés pour une tâche à priori sans danger, un simple travail d’enquête qui vous mènera probablement en Egypte. Je vous offre 250 deniers chacun pour vos premiers frais, ce qui vous permettra de vivre confortablement pendant vos déplacements. Ensuite… tout dépendra de ce que vous me rapporterez, mais je pourrais être généreuse.»  

Pompeia Sulla attendit les commentaires de ses interlocuteurs qui avaient gardé le silence jusqu’à présent.

HRP : je pense que vous serez brefs… mais c’est à votre discrétion ^^


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Gadd Wesley
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Mar 9 Juil - 23:10


Les voilà qui arrivaient dans la « tanière des louves » romaines. Le lupanar en question répondait au doux nom de « maison des fleurs », un nom bien poétique pour définir le lieu dans lequel on exerçait le métier le plus vieux du monde. Les fleurs n’étaient pourtant pas la première chose que pouvait remarquer un jeune homme de 20 ans. La vue de tous ces jeunes gens dénudés le répugna tout en attisant son intérêt, terrible contradiction que celle confrontant la raison et la passion. Toutefois, son attention se porta très rapidement vers les sons gracieux qu’il pouvait entendre. Non, pas les rires cristallins de ces jeunes demoiselles, ni les éclats de voix adoucis par l’alcool des « invités » de la maison close, mais bel et bien la douce mélodie qu’entonnait le duo constitué d’une lyre et d’une flute. Gadd reconnut rapidement un air d’inspiration grecque qui avait des choses en commun avec ce qu’il avait joué plus tôt dans l’auberge. Néanmoins, il avait repéré quelques différences fondamentales, notamment dans la façon d’utiliser leur instrument. Porté de différentes manières, un instrument (en bois qui plus est) peut émettre des sons radicalement différents. Voila le genre de détail qui ne pouvait échapper à l’œil expert du jeune musicien. Il prit mentalement note d’essayer de jouer de cette manière-ci plus tard.

Peu après, Gadd se trouvait subjugué par la beauté de certaines fresques et d'autres peintures murales, sans même parler des quelques mosaïques au sol qui représentaient des formes variées plus ou moins géométriques mais dont le sens profond échappait au jeune homme. Le néo-romain qu'il était, lui, identifiait surtout la beauté intrinsèque de ces formes et prit, là encore, une note mentale. Il y avait un certain potentiel là-dedans. Il vivait là une expérience assez formidable, voir ces mosaïques neuves avec des couleurs éclatantes, ça changeait des pauvres fresques de 2048 délavées et difficilement préservées par quelques cendres volcanniques.

Au final, Gadd ne se sentait pas vraiment à son aise dans cette atmosphère plutôt particulière. Tout cela était beau, magnifique même. Mais c’était un lieu destiné à des gens bien plus aisés qu’il ne le serait jamais. Qu’avait-il en commun avec eux hormis le latin ? Bien peu de choses. Ce lieu avait été conçu pour eux et non pour un jeune franco-américain sans le sou du XXIème siècle. De plus, ces romains là avaient des mœurs pour le moins étranges. C’en était fascinant et terriblement dérangeant à la fois. Gadd se serait bien mieux senti dans la rue, une simple auberge miteuse ou un quelconque lieu plus « normal ». Tous ces jeunes gens qui vendaient leur corps au plus offrant le dérangeaient quelque peu. Mais au moins, pensa t-il, n’avaient-ils pas l’air d’être maltraités, ni même malheureux.

On les fit alors entrer dans une petite chambre dans laquelle se trouvait une jeune femme. Elle demeurait là, plus ou moins allongée sur le lit. Gadd pensa tout d’abord qu’elle devait être une prostituée de haut-rang ou peut-être même la matrone de la « maison des fleurs ». Mais, à priori, elle n’était rien de tout cela, seulement une personne souhaitant rencontrer discrètement ses employés. Pourtant, se dit le jeune homme, il devait y avoir un certain nombre d’oreilles indiscrètes dans un tel lieu.

La femme qu’il avait identifié comme étant la maîtresse du jeune esclave rencontré à l’auberge leur indiqua deux cathèdres. Ils se trouvaient donc bien installés pour discuter avec elle, et elle semblait les traiter avec égard, ce qui n’était pas pour déplaire à l’homme à la lyre. C’est alors que Gadd se demanda ce que son compère oriental faisait ici. Ou plutôt, ce qu’un envoyé des Han faisait ici, tenté de travailler pour le premier inconnu croisé. Voila un comportement assez peu cohérent. S’il acceptait ce job, ça prouverait d’une certaine manière qu’il n’avait rien d’un émissaire des Han. Resterait à comprendre pourquoi il avait menti, même s'il avait déjà sa petite idée à ce sujet.

Mais l’homme qui souhaitait se faire dorénavant appeler Gnaeus Artifex Lyrus Wesleyanus n’eut pas le temps de penser à cela, la jeune femme avait commencé à leur poser des questions. Dans le but de les tester, semblait-il. Visiblement, le « Curriculum Vitae » demandé la veille par le jeune esclave devrait avoir une autre utilité lors de leur mission que celle de « faire joli ». Peut-être avait-on vraiment besoin de gens compétents alors. Mais si tel était le cas, était-il vraiment l’homme de la situation ? De plus, cette histoire de secret le dérangeait quelque peu. Si elle ne souhaitait pas passer par les intermédiaires habituels afin de préserver le secret et ses intérêts, comptait-on s’occuper de les faire taire une fois la mission terminée ? Et ce, toujours dans le but supposément sain de préserver les intérêts d'une jeune femme, toute patricienne qu'elle soit ?

Enfin, elle semblait penser qu’ils n’étaient pas intéressés par la politique de Rome. Qu’est-ce qui lui faisait croire ça ? Ils n’étaient certes en rien impliqués dans la vie romaine, mais rien ne pouvait indiquer à cette jeune patricienne que les deux hommes qu’elle souhaitait engager ne chercheraient pas à tirer partie de la situation. Si elle était prête à leur donner 250 deniers à chacun, c’est qu’il y avait bien plus à gagner. Et quel profit Gadd pourrait-il tirer de cette situation là ? Peut-être le mieux serait-il de faire cette mission, après tout.

Et en quoi consistait réellement cette mission, au final ? Tout ce qu’il savait, c’était qu’ils étaient embauchés pour une tâche « à priori sans danger ». Autrement dit, il faudrait se débrouiller seul en cas de danger et surtout ne compter sur aucune aide extérieure. Il leur faudrait donc être sur leurs gardes, sous peine de mourir plus tôt que prévu. Voilà une perspective assez peu réjouissante. Toutefois, la paye et l’idée d’un voyage dans l'Égypte des pharaons avait quelque chose de terriblement attirant. Qui n’avait jamais rêvé de voir les pyramides dans toute leur splendeur passée ? Mais tout cela ne leur disait pas l’essentiel. C’est pour cela qu’il prit un air interrogateur en plongeant son regard bleuté au plus profond de celui de leur potentiel employeur :

- Et que comptez-vous donc que deux hommes désarmés fassent pour vous servir, madame ?
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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Mer 10 Juil - 0:08

Celui qui se faisait appeler Guó Wài se faisait tout petit en ce lieu. Loin de se douter que Wesleyanus avait déjà découvert son statut de rêveur, et encore plus loin de se douter que ce musicien puisse en être un. Pourtant, si le musicien était dans le vrai les cheminements qu'il avait fait pour en arriver là étaient eux , discutable. Il était envoyé par les Han pour les renseigner su le monde, pas pour jouer les diplomates plein aux as.  Car s'il avait été diplomate le voyage durant des mois voir des années  il aurait du emporter sur lui la quantité d'argent nécessaire à survivre si loin de chez lui si longtemps, attisant ainsi bien des convoitises. Il se serait alors muni de gardes, et serait aujourd'hui bien plus entouré et plus richement habillé. Un espion en revanche, voyage léger, et ne se fait pas remarquer. Si sa mission dure des années il est obligé d'accomplir de basses besognes pour assurer sa subsistance.

En tout cas il n'aimait pas cette maison. Enfin si, l'architecture lui plaisait, mais les occupants c'était une autre histoire. Il se disait qu'il comprenait pourquoi les casques à rêve avaient connus un tel succès, après tout pourquoi se payer une prostituée dans la réalité quand vous pouvez aligner les orgies pendant une bonne semaine avant de vous réveiller et retourner au travail?  Il pensait également que le casque permettait au moins aux pervers, violeurs et pédophiles de satisfaire leurs désirs ailleurs que dans le monde réel, c'était toujours cela de gagné. Quoi que...Il réfléchissait pendant sa marche vers  la jeune femme. Est ce que intention valait action? Le fait de savoir que rien n'était réel ne risquait  il pas de transformer certaines personnes en monstres, qui à la fin confondraient rêves et réalité? Il abandonna ces réflexions pour écouter la femme voilée.

Wang ne savait pas ce que 250 deniers pouvaient représenter, mais d’après elle cela permettait de vivre au dessus de ses moyens pendant quelques temps. il était rare qu'une telle somme tombe du ciel pour rémunérer quelques choses de légal, mais le Chinois avait bien envie d'accepter. Après tout si elle avait voulu des assassins sans pitié elle n'aurait recruté que lui et son physique peu recommandable en cet Empire Romain, pas un musicien itinérant qui paraissait bien inoffensif."Et que comptez-vous donc que deux hommes désarmés fassent pour vous servir, madame " demandait Wesleyanus. Très bonne question, mais s'il ne s'agissait que d'une enquête après tout, aurait elle besoin d'hommes d'arme? Il ajoutait après lui: " Pour ma part je suis à vos ordres" Et il posa un genoux à terre en baissant la tête, ignorant totalement si la coutume locale l'exigeait.
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Alia Atreides
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Jeu 11 Juil - 18:09

space3  Pompeia Sulla sourit sous son voile. Elle avait demandé à Paullus de lui ramener des étrangers qui ne soient pas incultes et elle commençait à penser que son jeune esclave avait eu la main heureuse.

space3 Elle n’espérait pas vraiment que son plan fonctionne idéalement mais qu’importe, la partie qu’elle voulait jouer avait deux faces comme le sesterce avec lequel elle jouait négligemment : une fois lancé, il faudrait bien qu’il retombe sur une face ou sur une autre et elle avait bien l’intention de miser sur les deux faces. Au pire si la pièce tombait sur la tranche, ça ne lui coûterait qu’un peu d’or, et l’or ne lui manquait pas.

    « Je vais vous faire confiance.
    Je suis la compagne d’un homme influent, un homme qui sera peut être appelé à succéder à notre bien-aimé empereur. Mais que Zeus prête longue vie au Divin Jules César. En vous confiant votre mission je sers autant les intérêts de mon époux et de mon fils que les intérêts et la grandeur de Rome. »  

space3 Pompeia Sulla laissa passer un bref instant et leur fit signe qu’ils pouvaient se servir du vin du pichet en céramique sigillée trônant sur une table basse auprès d’une coupe remplie de fruits. Elle reprit :

    « Je n’attends de vous aucun fait d’arme. Je souhaite que vous m’apportiez la preuve que cette Cléopâtre, cette Égyptienne intrigante, n’a pas enfanté d’un bâtard du sang de notre divin empereur.
    Lui-même affirme qu’elle n’a jamais partagé sa couche et méprise ouvertement ceux qui s’émeuvent de cette rumeur. Mais une preuve matérielle serait bienvenue, un écrit, un témoignage digne de foi, que sais-je…On prétend que cette pseudo reine que César a remis sur le trône de l’Egypte consigne ses faits et gestes quotidiennement, c’est une piste également. Une autre piste : son frère-époux Ptolémée IX qui ne doit pas apprécier le flirt de son épouse avec César…

    space3 Enfin, en cas d’échec, vous pourriez être amenés à des initiatives pour évincer définitivement ce jeune Césarion de la succession possible à la tête de Rome.
    Pour l’heure Cléopâtre séjourne tranquillement dans une villa proche de Rome, espérant des faveurs du maître de l’Empire et Césarion est resté à Alexandrie aux soins des nourrices royales. A vous de décider des méthodes que vous devrez utiliser… et ma reconnaissance sera au niveau des risques que vous aurez pris.»

space3 Pompeia Sulla n’avait pas suggéré de méthode définitive mais elle avait pris un ton de comploteuse sur la dernière partie de son explication.

    « Messieurs, je vous laisse réfléchir. Lucius Caius Scompus, sera désormais votre contact et il vous accompagnera là où vous irez. Il lit et écrit les hiéroglyphes comme peu de romains savent le faire… entre autres talents. Il sera une aide précieuse. Il vous attendra à la taverne de la galère rouge au port d’Ostie jusqu’au 3ème jour après les calendes de lunius. Il saura vous reconnaître.
    Finissez vos agapes mes amis. Tout est payé, profitez en. »
    dit la femme en se levant. Et elle se retira avec élégance.

space3 Elle se faufila par une sortie dérobée en vérifiant bien qu’elle n’était pas suivie. « Lucius Caius Scompus, quel nom ridicule j’ai inventé pour ce pauvre Decimus… mais pas question de laisser des indices derrière moi. » Elle se retourna encore une fois.
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Dim 14 Juil - 23:42

La femme voilée attendait d'eux un travail ne se cantonnant  peut être pas uniquement à faire les poubelles de Cléopâtre.Oui pour Wang s’immiscer dans la vie privée des gens s'était faire les poubelles, ainsi on l'embauchait pour faire le paparazzi , une profession à mi chemin entre l'assureur et le commissaire politique sur son échelle des emplois méprisables auxquels l'être humain pouvait s'abaisser toutes civilisations et époques confondues.

Cependant il n'y aurait pas eu de quoi fouetter un chat égyptien si la femme n'avait pas eu ces mots:  "En cas d’échec, vous pourriez être amenés à des initiatives pour évincer définitivement ce jeune Césarion de la succession possible à la tête de Rome". Wang ne raffolait pas de l'infanticide , "étonnant pour un chinois" diraient de mauvaises langues. Toutes les civilisations de la terre différent dans leurs mœurs, mais s'il était une chose pour les réunir c'était le dégoût universel ressenti lors d'un meurtre d'enfant.  On pourrait épiloguer longuement sur les raisons qui n'avaient rien de culturelles, on était dans l’instinct de préservation de l’espèce pure. Tuer ce qui ne s'est pas encore reproduit met en danger l’espèce,  c'était çà qui le dégoutait, pas le fait de voir disparaitre ces enfants qui sont des clowns malgré eux. Mais s'il ne faisait pas ce travail, d'autres le feraient à sa place, et pour eux tuer l'enfant ne serait pas gênant peut être, on à pas tous le même  lien avec l'humanité après tout. Alors il accepterait, ne serait-ce que pour protéger l'enfant le moment venu et le mettre à l'écart de la succession. Tout le monde serait content,  l'enfant échapperait à une vie horrible où on est sans cesse dans la crainte d'être empoisonné, et où on ne sait jamais si on est apprécié pour ses qualités  où pour son statut. Wang n'était il pas charmant d’épargner cela à Césarion?

Quand elle eu terminée, il se goinfra comme il l'avait toujours fait avec ce qui était gratuit puis s'adressa une fois rassasié de dattes séchées mais surtout de cervoise Gauloise à Décimus. Elle était plus forte que la Tsingtao à laquelle il était habitué, et  à quantité égale ingérée l'effet n'était pas vraiment le même sur l'ébriété. La chaleur en sus, il ne serait pas très frais pour la marche de l’après midi. "Bien -hips- on se retrouve à la galère rouge Lucius, j’espère seulement qu'il n'y aura pas une grosse étoile jaune dessinée -hips-  dessus  je commence à en avoir assez..." Il ne devait pas comprendre grand chose, Wang allait voir le musicien. " Mon ami je vais à Ostie, je..." il ouvrait grand les yeux prenant à peine conscience qu'il était quand même assez étourdi " ...Je suis désolé je savais pas que leurs alcools étaient aussi forts j'aurais du m'abstenir..." mais reprenant ses esprits "tu peux venir avec moi si tu veux sinon à bientôt!"

Si Gadd le suivait ils marcheraient jusqu'au port et y découvriraient un peux les habitants, il aurait éliminé d'ici à y arriver. Sinon ils se retrouveraient directement à la galère rouge.
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Gadd Wesley
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Lun 15 Juil - 0:30


L’attention du jeune artiste se portait sur son environnement extérieur. Dans un instant d’égarement, il perçut la chaude lumière de l’après-midi romain qui leur parvenait par le biais d’une petite ouverture dans le mur. Les sons qui venaient de la rue se faisaient rares. En fait, ici tous les sons se faisaient rares. Ils ne pouvaient entendre que quelques bribes étouffées des douces mélopées jouées par les deux musiciens qu’ils avaient pu croiser un peu plus tôt. Quelques éclats de voix leurs parvenaient aussi, mais de manière relativement furtive. Ce fut la voix de Guó Wài qui ramena la conscience de Gadd dans la petite chambre et son attention pleinement focalisée sur la conversation.

L’émissaire oriental n’avait pas attendu la réponse de leur hôte à la réponse du grand châtain, il avait rapidement annoncé qu’il acceptait de mener à bien l’enquête, sans même savoir de quel genre d’enquête il s’agissait. Cela surprit Gadd. Pourquoi une si prompte acceptation ? Avait-il à ce point besoin d’argent ? En savait-il déjà plus que lui sur l’enquête qu’on comptait leur confier ? ou bien faisait-il facilement preuve d’une grande confiance à l’écart des autres ? Le nouvellement dénommé Gnaeus Artifex Lyrus Wesleyanus se dit que l’oriental n’aurait pas pu survivre à un si long voyage qu’était celui qu’il avait dû effectuer depuis les terres des Han sans faire preuve d’un peu plus de méfiance. A moins qu’il n’eut développé un certain instinct. Mais leur interlocutrice n’avait pas vraiment su séduire l’instinct de Gadd. Elle était une intrigante et qui étaient-ils pour elle sinon des outils qu’elle pourrait jeter lorsqu’elle n’en aurait plus l’utilité ?

Alors que Gadd méditait sur les intentions de leur nouvel employeur à leur sujet, celui-ci commença à répondre à sa question de manière précise et complète. Apparement, son compagnon était en bonne position – mais pas suffisamment –   pour succéder à l’Imperator Julius Caesar. Pourtant, à ce dont le jeune homme se souvenait, César n’avait jamais été empereur, seul son fils adoptif – Octave – l’était devenu. Était-ce là une erreur des programmateurs ? César était-il devenu empereur dans ce rêve ? ou bien était-ce là une prévision de son interlocutrice ? Si ses pensées étaient en ébullition, il n’en laissa rien paraître et se concentra sur la suite du discours de la patricienne.

Mais celle-ci faisait à présent une courte pause après leur avoir exposé que ses projets, et là demeurait la plus grande surprise, avaient pour but de servir Rome et sa grandeur. Ce genre d’histoires, Gadd n’y goûtait que très peu et, cela, son visage ne put le cacher en prenant une moue réprobatrice. De la même manière, il ne goûta que très peu au vin que leur offrit leur hôte. En fait, il n’en prit pas même une goute. Avec sa carrure, il n’était pas du genre à tenir l’alcool et, ce qu’il souhaitait à ce moment précis, c’était garder les idées claires. Il avait déjà l’esprit constamment dispersé et en ébullition sans ivresse, alors il valait mieux éviter de trop en rajouter. En ce qui concernait les fruits, en revanche, c’était une toute autre histoire. Si les dattes avaient séduit son compère de l’est, c’était une pêche qui lui faisait les yeux doux. Lui n’avait pas les ressources nécessaires pour repousser les avances de ce magnifique fruit. Il n’avait pris qu’un repas frugal le matin et l’après-midi était déjà bien avancé. La faim se faisait donc sentir. Tout comme le jus du fruit lui coulant le long du menton, mais cela ne le répugna pas, loin de là. Il était tout à son plaisir de profiter des saveurs de cette pêche et ce n’est qu’au prix d’un important effort de volonté qu’il se ré-intéressa à la conversation.

L’enquête pourrait avoir des conséquences inattendues. S’il s’avérait que Césarion était réellement le fils de César, il serait intéressant de voir quel parti tirer de la situation. Au risque, pourquoi pas, de provoquer une uchronie et d’en observer les conséquences.

D’après la jeune romaine, on n’attendait d’eux aucun fait d’arme. Pourtant, étant donné la teneur de leur mission et la longueur tant spatiale que temporelle de leur périple, ils pourraient bien être amenés à se battre. Il avait menti en disant être désarmé, mais ses quelques dagues ne lui seraient pas d’une grande utilité, bien qu’il puisse toujours compter sur l’aïkido en cas de besoin. Et un tel art martial pourrait s’avérer d’autant plus efficace à cette époque, alors qu’il n’avait pas encore été inventé et que certaines prises étaient destinées à désarmer l’adversaire ou à mettre hors d’état de nuire un adversaire armé d’une arme blanche. Au final, sa meilleure arme était son corps, mais il espérait ne pas avoir à recourir à son utilisation. Il était loin d’avoir le niveau d’un grand maître, alors autant éviter de mourir bêtement.

La patricienne ne les laissait pas sans indices à exploiter. Elle les informait que la Reine d’Egypte relatait ses faits et gestes par écrit. Elle pouvait avoir donné le nom du père véritable de l’enfant dans un tel recueil, mais aussi – et surtout – cela pouvait impliquer la présence d’un scribe qui pourrait donner un éclaircissement différent sur la situation. Leur hôte souligna également l’utilité que pourrait avoir le pharaon. Restait à pouvoir approcher ces deux témoins potentiels. Le mari cocu et l’épouse malheureuse. Rien que de très banal, vu de ce point de vue. Pharaon et sa reine, cela paraissait déjà plus difficile d’accès pour deux inconnus sans le sou. Toutefois, ce n’était là rien d’impossible pour un artiste compétent et un étrange et fascinant être venu de l’Orient lointain. « Gnaeus » en eut la certitude : cette mission ne serait menée à bien que s’ils travaillaient étroitement ensemble. Ils devaient intégrer la cour de la Reine ici-même à Rome ou se rendre directement en Égypte afin de mener l’enquête de manière peut-être plus discrète. Mais comment avoir l’air discret en formant un duo plutôt peu banal en Égypte ? Ne valait-il mieux pas que l’un des deux se rende en Egypte directement afin de se renseigner discrètement sur la situation et profiter ainsi de l’absence de Cléopâtre pendant que l'autre restait à Rome auprès de Cléopâtre ? Plus il y réfléchissait, plus il lui semblait évident qu’il fallait saisir l’opportunité de la présence de la Reine Égypte en terres romaines.

Cette enquête leur prendrait du temps, mais si elle pouvait les mener en Égypte, cela leur ferait un fabuleux voyage.

Une troisième solution potentielle fut évoquée, mais celle-ci ne plu guère au jeune néo-romain. Il s’agissait « d’évincer définitivement » le jeune Césarion, dixit leur employeur. Mais Gnaeus Artifex et son collègue s’accordaient sur ce point : assassiner un enfant, tout futur dictateur qu’il soit et même en rêve, n’était pas vraiment de leur goût. De plus, cette solution demeurait la plus risquée. S’ils étaient pris la main dans le sac, ils seraient tués et, même s’ils parvenaient à ne pas se faire repérer, Gadd ne faisait pas confiance à Pompeia Sulla. De fait, rien ne l’empêcherait de se retourner contre eux et de les dénoncer, tout en évoquant de fausses sources afin de justifier le fait qu’elle connaisse l’identité des coupables. De cette manière, elle rentrerait dans les bonnes grâces de César, elle n’aurait pas à leur payer une quelconque récompense et elle n’aurait plus ces témoins gênants dans les pattes. La population ne serait pas regardante sur la véritable identité des assassins du jeune Césarion tant qu’on lui offrait du sang, de toute manière. « Du pain et des jeux », comme disait le vieil adage.

Pompeia s’en alla alors, comme l’intrigante qu’elle était. Toutefois, elle ne s’en fut pas sans leur donner le nom d’un « contact » : Lucius Caius Scompus. Était-il un véritable contact qui leur viendrait en aide ou un intrigant supplémentaire ? Un peu des deux, certainement. Peut-être faudrait-il se débarrasser de lui avant qu’il ne songe lui-même à se débarrasser d’eux. Guó Wài, quant à lui, s’en allait en titubant et en marmonnant d’une manière assez peu intelligible. Gadd Wesley laissa échapper un sourire désabusé en suivant son compagnon de route vers le port.

- Ma foi, il semble que j’ai bien fait d’éviter de goûter à ces boissons.  L’air salé de la Mare Nostrum vous fera le plus grand bien, Guó – si vous permettez que je vous nomme ainsi.

Ce qu'il ne dit pas, mais qu'il conservait en tête, c'était qu'il leur faudrait décider de la marche à suivre.
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Mar 16 Juil - 17:54

Gnaeus Artifex Lyrus Wesleyanus avait demandé la direction du Port d’Ostie à l’esclave de la Maison des Fleurs. Celui-ci avait indiqué la porte Sud-Ouest. Les deux compagnons se dirigèrent tant bien que mal vers la porte Ostiensis, en empruntant la… Via Ostiensis.
Gnaeus se félicitait de se retrouver dans un monde où tout était si bien organisé qu’il ne souffrait pas de l’absence de GPS, voire d’une simple carte.

Le soleil était haut dans le ciel et tapait dur sur les têtes néo-romaines. Guó, malgré son état d’ébriété avait eu l’idée de se protéger du soleil avec une étoffe. En cela, il ne fut pas imité par Gnaeus, sûrement trop soucieux de son apparence et qui partagea rapidement le mal de crâne de Guómais pour des raisons différentes. Les Romains de souche quant à eux restaient calfeutrés dans l’ombre de leurs demeures. La vie ne reprendrait qu’en fin de journée, aux heures plus propice aux activités.

Arrivé aux portes de la ville Gnaeus demanda à l’un des gardes la distance qui les séparait du port. Il tomba sur un garde prévenant qui voyait les étrangers mal partis sous ce soleil d’enfer. « Vous avez treize bonnes lieues… si vous voulez un conseil, vous pouvez acheter des mules que vous revendrez arrivés à Ostie avec un peu de perte, ou vous mettre à l’abri de la chaleur dans une auberge pour attendre un marchand qui part vers le port avec un char vide, il en passe souvent et ça ne coûte pas cher. » Gnaeus décida unilatéralement qu’ils allaient commencer à pied et hèleraient les conducteurs de chars pour solliciter une place à bord. Arguant que les chars à bœufs n’avançaient pas beaucoup plus vite qu’eux à pieds, il s’entêta une bonne demi-heure sur les pavés brûlants de la chaussée romaine avant de décider qu’une halte serait bienvenue, à cette heure torride il n’y avait que peu de passage et aucun des rares chars rencontrés ne s’était arrêté pour leur proposer une place.

HRP :
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Mar 16 Juil - 23:23


- Ah mais quelle ***** !

Gnaeus fulminait. Mais quelle idée avait-il eu donc ? Pourquoi ne pas s’être couvert la tête alors que son collègue l’avait fait lui ? Etait-il donc idiot à ce point ? Et lui qui se plaisait à croire qu’il possédait un minimum d’intelligence. S’il ne pensait même pas à se couvrir pour se protéger d’une insolation, il n’irait pas bien loin dans cette mission. Et puis quelle idée d’avoir commencé à s’en aller à pied ! Quel imbécile il était !

Il se demandait encore pourquoi il avait été bête à ce point. Ce n’était non pas par soucis d’apparence, comme cela aurait pu porter à le croire. Non, son apparence, il s’en fichait éperdument, et ce n’étaient pas ses vêtements souvent usés et rapiécés qui prouveraient le contraire. Non pas qu’il souhaitait apparaître négligé, mais simplement qu’il n’avait pas cela en tête. Il avait simplement, idiotement, imbécilement pensé que le soleil ne le frapperait pas si fort. Mais l’astre solaire était puissant et sa tête, elle, demeurait bien peu résistante. Jamais il n’aurait imaginé être victime d’une insolation dans un rêve, et il avait encore moins prévu que cette insolation lui ferait tant de mal. Il était pourtant habitué au soleil et à la chaleur de l’Amérique Latine. Mais il y avait l’habitude de prendre un couvre-chef. Ou tout du moins ses parents avaient pris l’habitude de lui ordonner d’en prendre un. Et maintenant que les parents n’étaient plus là, il oubliait la prudence la plus élémentaire.

- Quel idiot, mais quel idiot !

Le franco-américain était furieux contre lui-même. Pour cette insolation idiote notamment, mais aussi parce qu’il venait de réaliser que le juron qu’il avait laissé échapper un peu plus tôt n’était pas en latin, ni même en grec ancien ou en égyptien, mais bel et bien en l’une de ses trois langues maternelles : en Français. Il espérait que son homologue ne l’aurait pas remarqué mais il savait qu’il y aurait peu de chances qu’il ne l’ait pas entendu. Ils avaient beau se trouver dans une auberge à ce moment là, celle-ci était loin des clichés d’auberges bondées dans lesquelles les bières et autres cervoises coulent à flot. Toutefois, Gadd gardait l’espoir – désespéré – que l’oriental ne parlait pas la langue de sa mère. Peut-être penserait-il que c’était là un autre dialecte de l’époque.

Cette pensée rassura le jeune homme sans pour autant le rendre vraiment confiant ni réduire sa colère. Et encore moins sa douleur. Il héla l’aubergiste pour lui commander une boisson pouvant calmer son mal de crâne, mais rien qui ne soit trop alcoolisé, dans la mesure du possible. Il ne voulait pas passer d’un mal de tête à un autre, voire à un malaise qui le rendrait encore plus furieux. La douleur était vive mais le remontant de l’aubergiste associé à l’ombre et la fraicheur relative de l’auberge et du soleil déclinant devraient lui permettre de surmonter cet embryon d’insolation. La chaleur l’avait toutefois fatigué.

Bon, économiquement parlant, payer des remontants reviendrait moins cher que de payer des mules. La différence se payait en douleur et en rapidité. Et pourquoi donc Guó Wài ne lui avait-il pas rappelé  ce qu’il risquait en ne se couvrant pas le crâne ? pourquoi n’avait-il pas insisté pour qu’ils prennent les ânes ? Gadd fronça les sourcils puis se rappela que lui-même n’était pas sensé ne pas savoir que le soleil tapait fort dans le coin. Il se sentait vraiment bête. Il dit à son nouveau compagnon de route avec un ton misérable.

- Je crois qu’il serait temps de nous reposer, ou pour le moins, de me reposer, Guó. J’ai vraiment été idiot de ne pas plus me protéger plus tôt. Je ne sais pas ce qui m’a pris.

En fait, si, il savait pertinemment que ce qui l’avait pris, c’était son idiotie chronique. Il continua sur le même ton peu glorieux :

- Bon, demain, nous nous lèverons tôt afin de compenser avec le fait que nous nous arrêtons tôt aujourd’hui.  Puis, en marchant plus tôt, Hélios – ce lève-tard – frappera moins fort.

C’était promis, le lendemain, il se couvrirait le crâne et la moindre parcelle de peau.
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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Dim 21 Juil - 0:12

Wang n'avait pas fait attention à l'expression française lâchée par son camarade pendant la longue marche. Il ne parlait pas Français, et après tout il y  avait tant d'expressions latines qu'il ne comprenait pas qu'il ne faisais pas trop attention. Il avait un coté sympathique ce musicien se disait Wang.

En fin d’après midi ils firent une halte à l'auberge, ce qui rappelait au Chinois son arrivée dans cet univers antique. Gnaeus annonça qu'il était fatigué, ce que Wang comprenait tout à fait. Ils n'avaient pas beaucoup parlé pendant leur route si ce n'était de la route elle même mais peux partagés sur leur vie. Tant mieux se disait Wang qui n'était pas très doué pour mentir. Chacun ne cherchait pas à en savoir plus sur l'autre et de ce fait se prémunissait des questions de son compagnon de route. "Dors bien Gnaeus, à demain repose toi bien" répond il.

Il prenait un peu l'air dehors, et il s'entraina à envoyer des pierres sur un arbre à l'aide de sa fronde. Après tout ce ne serait pas le jour où il serait en situation d'avoir l'utilité d'une telle arme qu'il faudrait se soucier de son fonctionnement!

Puis il retourna se coucher en espérant qu'ils arriveraient à bon port le lendemain, souriant que l'expression trouve tout son sens. Comme celui qui l'accompagnait il espérait ne pas avoir à aller contre sa morale dans la mission qui leur était confiée.

Ainsi ce fut tôt dans la soirée qu'ils s'endormirent, le lendemain ils monteraient dans le chariot d'un commerçant pour Ostie.


HJ:
 
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Alia Atreides
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Dim 21 Juil - 12:46

space3  Les compagnons furent réveillés au chant du coq, les premières lueurs de l’aube filtraient à travers les ouvertures pratiquées sous les tuiles apparentes du toit.
Gaius était en pleine forme, le tavernier lui avait fait boire une décoction à base de fenouil et de sauge… peut être moins efficace que la bonne nuit de sommeil, mais le résultat était là : il se sentait prêt à saluer la journée d’un chant de bienvenue. Mais il se ravisa en entendant les ronflements des voyageurs qui partageaient la paille de la chambrée.
space3 Ils étaient attablés devant une rustique mais solide collation : de la soupe aux choux avec du lard, du pain plébéien et même quelques rondelles de saucisse à l’ail qui accompagnaient de la soupe de fèves. Finalement les mêmes aliments que la cena de la veille au soir leur étaient servis, ce qui n’avait rien à voir avec l’ordinaire frugalité du jentaculum romain. Le tavernier réclama trois sesterces pour l’ensemble des prestations et crut bon d’expliquer :
    « La route est longue alors je sers toujours un bon repas aux voyageurs. C’est un peu plus cher mais vous ne trouverez pas de taverne avant un bout de temps, surtout à pieds. Ma paille est changée régulièrement et la décoction miracle de ma tante est comprise dans le prix. »

space3  Avant la fin du repas, un petit homme râblé, à l’allure joviale, vint les rejoindre à la longue table. Il les observa longuement sans chercher à dissimuler son intérêt. Puis il demanda aux compères si ils voulaient profiter de son chariot.
    « Je descends à Ostie. Si vous allez dans cette direction je vous offre le voyage. Je pars à vide pour chercher un chargement de poissons… alors bon, y’a l’odeur hein…mais c’est gratuit. Je n’aime pas trop voyager seul, comme ça on peut bavarder… moi j’aime la compagnie ! »

Gnaeus avait retrouvé sa forme habituelle et il fut intrigué par cet homme. Il était vêtu pauvrement, et sentait vaguement la marée, mais curieusement ses manières à table lui avaient semblées assez raffinées. Son compagnon asiatique n’avait rien vu quant à lui, probablement parce que les us et coutumes du monde antique occidental lui étaient totalement étrangers.

space3 Guó Wài accepta volontiers l’invitation surtout quand il réalisa grâce aux des bavardages du marchand que la lieue romaine mesurait plus de deux kilomètres et qu’il leur restait plus de 20km à parcourir.

space3 Le début du voyage se passa dans la bonne humeur et les bavardages, au rythme lent des deux bœufs qui tiraient le chariot. La route pavée traversa une campagne de plaines cultivées avant de s’engouffrer dans une forêt au grand plaisir des rêveurs qui appréciaient la fraîcheur offerte par l’ombre des grands arbres. Le marchand se taisait maintenant et semblait sur le qui-vive.

space3 Alors qu’ils avaient parcouru 2 bonnes lieues dans la forêt, deux hommes, barbus hirsutes, armés, qui de dague, qui de simples gourdins, surgirent devant le chariot et immobilisèrent les bœufs. Guó se retourna et constata que deux autres hommes avaient pris position derrière le chariot. Celui qui devait être le chef de la petite bande rugit d’une voix éraillée :
    « Descendez du chariot et donnez nous votre or ! »

Il brandissait un glaive qu’il avait l’air de savoir manier, un ancien soldat sûrement, peut être un déserteur, pensa Gnaeus. Les quatre autres hommes avaient l’air moins dangereux mais tout autant décidés.

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Wang Qianlong
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Dim 28 Juil - 13:48

Wang était sur le qui vive. Les hommes étaient  armés de dagues et de gourdins, armes qui pouvaient encore être désarmées avec une bonne technique au corps à corps. Mais l'un d'eux avait ce qui ressemblait à une épée Européenne de l'antiquité, dont le Chinois avait oublié le nom.   Il ouvris son sac et en sortis sa fronde dans laquelle il déposait une pierre qu'il avait soigneusement sélectionnée lors de son entrainement, puis se dressa debout sur le chariot en commençant à faire tourner dans un mouvementent lent mais cadencé l'arme.  Il se tenait debout sur le chariot pour dominer en  hauteur ses adversaires, et rendre difficile leur éventuelle attaque par des armes somme tout à courte portée. La cible potentielle était donc l'ancien soldat, Wang comptant sur Gnaius pour empêcher qu'un plaisantin derrière lui ne lui envoie un projectile dans le dos.

- Alors comme çà vous voulez de l'or hein? Désolé de vous décevoir sur notre richesse messieurs mais j'ai bien étudié le contenu de ma bourse et mes quelques sesterces sont faits de l'argent le plus banal. Quelle déception pensez vous certainement, et oui je sais ô combien vous vous en voulez d'avoir interrompu notre route pour une telle erreur, car aucun de vous ne songe réellement à perdre ses dents pour trois pièces d'argent n'est il pas?  A l'avenir ne vous attendez pas à trouver de l'or dans un chariot sentant encore le poisson à moins qu'il ne s'agisse de celui de Neptune, auquel cas vous perdrez plus que des dents.

Il continuait à faire tourner son arme. Wang n'avait jamais été très charismatique  alors il ne s'attendait pas réellement à ce que son intimidation fonctionne.  C'est pourquoi si le soldat tentait quoi que ce soit il lui logerait une pierre à grande vitesse dans le corps et profiterait de la surprise  pour sauter du chariot et lui administrer un coup de pied sauté et diverses techniques si nécessaire pour s'emparer de son arme.  il était légèrement en hauteur et à une positon lui permettant de voir les mouvements adverses tout autour de lui, cette technique était celle lui permettant de donner le plus d'impact à son assaut. "Attention à ses sbires Gnaeus..."disait il pour lui signifier qu'il ne réussirait certainement pas si ils venaient l'interrompre dans son action.
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Gadd Wesley
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Mar 30 Juil - 21:59


Gnaeus poussa un long soupir satisfait tout en s’étirant. La nuit avait été bonne et sans rêve qui aurait pu le perturber. Il avait certainement dû être trop fatigué pour pouvoir déranger son esprit avec de telles futilités… A moins que cela ne fut dû au fait qu’il était impossible de faire un rêve dans un rêve ? Gadd, lui, se souvenait avoir regardé quelques films s’intéressant à de multiples strates de rêves. Quelle étrange idée que celle-ci ! A présent, après une bonne nuit de repos, le jeune musicien se sentait prêt à affronter les périls qui pourraient parsemer leur chemin.

Le premier péril n’avait pas grand-chose de bien menaçant mais pourrait malgré tout s’avérer handicapant pour la suite de leur périple. L’aubergiste avait réclamé 3 sesterces pour le repas ainsi que la « décoction miracle de sa tante » (sic). Si la décoction n’avait pas eu le goût immonde que la rumeur prêtait aux boissons curatives, elle était plutôt loin d’être exquise. Peut-être le manque d’amertume et de goût détestable prouvait-il l’inefficacité de la dite « décoction miracle » ? Quoiqu’il en soit, il l’avait bu et ne s’en sentait pas plus mal. L’aubergiste, en mémoire de sa tante bien-aimée, avait bien mérité ces quelques pièces.

Alors que Gadd débattait intérieurement de l’(in)efficacité du remède qu’il avait ingurgité plus tôt, un petit homme leur proposa de les emmener au port gratuitement. Que voilà un homme bien généreux, pensa le grand châtain. Mais qu’avait donc cet être miraculeux en tête ? Avait-il peur des brigands et souhaitait être accompagné ? Cela était tout à fait probable et crédible. Et pourtant… Tout ceci semblait trop simple. Personne, malgré leur insistance, n’avait daigné les emmener à Ostie la veille et voila cet homme qui les avait retrouvé à l’auberge et les avait lui-même démarché afin de les emmener. Cachait-il donc quelque chose de moins bienveillant ? Bon, il n’avait pas l’air bien dangereux mais Gnaeus savait qu’il fallait se méfier de tout individu à l’air un peu trop affable. Il avait déjà eu plusieurs expériences plutôt malencontreuses et n’avait pas spécialement envie qu’elles aient des homologues antiques.

Voyant Guó Wài accepter, Gnaeus n’eut pas trop le choix. Ils devaient demeurer ensemble, tout du moins pour l’instant. Le néo-romain suivit donc la décision de son collègue oriental tout en restant sur ses gardes. Il se dit qu’après tout, il fallait parfois savoir faire preuve d’un minimum de confiance, le soleil devait lui avoir tapé un peu trop fort sur la tête et le rendait probablement nerveux plus que de nécessaire.

Le début du trajet se passa plutôt bien et se fit sans encombre. Les trois compagnons de voyages parlaient de tout et de rien. Surtout de rien en fait étant donné que personne ne souhaitait vraiment parler de soi en détails. Au fur et à mesure que leur chariot parcourait les mètres qui les séparaient d’Ostie, la conversation s’était éteinte et, telle des braises, se ravivait par à-coups suite à une banale remarque de l’un des compères.


Gnaeus demeurait dans sa bulle et profita de ces bavardages assez peu intéressants pour observer le paysage et profiter du soleil matinal. Il sentait sa peau se réchauffer et se surprit à se demander si cela le ferait bronzer et si ce même bronzage lui resterait dans le monde réel. Encore une étrange idée. Il se dit qu’il réfléchissait trop, parfois. Ils pénétrèrent alors dans une grande forêt. Gadd fut impressionné par les nombreux arbres multicentenaires qui les cernaient, ils avaient l’air si majestueux et menaçant à la fois. Très clairement, ce voyage dans la belle et rustique campagne romaine était dépaysant pour un homme du 21ème siècle.

Mais alors que le joueur de lyre se disait que ce marchand n’était peut-être finalement pas si louche que ça - son air préoccupé en plein milieu de la forêt pouvait se justifier par la crainte d’être attaqués - les ennuis commencèrent. Deux hommes sortirent des fourrés pour les accoster sans grande élégance. Quelques secondes plus tard, une branche brisée derrière le chariot interpella Gnaeus qui ne put alors que constater que toute tentative de fuite semblait condamnée à l’échec, à moins de courir vite, de traverser les bois de manière agile et de connaitre les lieux. Bref, ce n’était pas vraiment dans ses cordes.

Néanmoins, il n’y avait pas forcément de peur à avoir. Gadd avait déjà été confronté à ce genre de petites frappes dans la rue ; elles étaient certes armées de canifs plutôt que de dagues et de gourdins mais n’en demeuraient pas moins le même style d’individus : des gens suffisamment désespérés pour voler leur prochain, quitte à le menacer (sans pour autant être capable de mettre ses menaces à exécution, la plupart du temps). La seule véritable différence avec les rues parfois bondées de certaines villes, c’étaient que, là, ils se trouvaient à priori seuls. Il fallait donc agir avec circonspection.

Plusieurs solutions s’offraient désormais à eux : accepter de donner leur or (plus ou moins) durement gagné ; s’opposer clairement et tenter de mettre leurs agresseurs hors d’état de nuire ( ce qui semblait difficile en l’état actuel des choses) ; appeler à l’aide en espérant qu’une troupe de légionnaires ou une bonne âme passe dans le coin ; tenter de convaincre leurs agresseurs de renoncer à ce risible larcin.

Gnaeus, lui, voulait garder son argent. Il connaissait grâce à l’aïkido des moyens de résister à plusieurs adversaires à la fois, néanmoins, il ne pourrait pas se montrer offensif. Le mieux était donc, s’il fallait en arriver à la violence, de déconcentrer l’adversaire, le déstabiliser par des mots bien sentis et autres tapes d’esbroufe afin de rendre le combat plus facile et son issue plus favorable.

Toutefois, la violence devait être le dernier recours. Gadd avait écouté attentivement le discours de Guó Wài. Il le trouva intéressant et plutôt convainquant mais il fallait surenchérir pour le rendre véritablement efficace. Guó Wài paraissait un peu trop vindicatif et il fallait ne pas trop menacer leurs agresseurs. L’émissaire oriental leur avait démontré que s’attaquer à leur duo en couterait aux hors-la-loi, il fallait maintenant manier la diplomatie et les belles paroles. Ceci semblait être dans les cordes de Gadd, et dans celles de sa lyre. Ainsi, tout en élevant la voix afin de pouvoir se faire entendre au loin sans pour autant que cela passe pour un hurlement qui prouverait sa détresse à ses agresseurs, Gnaeus tenta de convaincre pacifiquement ses adversaires d’un jour.

- Mes amis, vous faites erreur. Nos maigres possessions n’en valent pas la peine. Elles ne subviendraient à vos besoins que pendant quelques temps et vous vous retrouverez à devoir voler un autre individu. Votre conscience ne vous le refuse pas pour l’instant mais que direz-vous lorsque Pluton vous refusera l’entrée au royaume des morts en vous laissant errer sans fin le long de la mauvaise rive du Styx ? Minerve, déesse de la sagesse, vous sait suffisamment intelligents pour refuser cette vie de meurtres envers des citoyens romains. Le jeune homme  à la lyre posa un regard attendri sur son instrument avant de se tourner vers l’ex-légionnaire qui semblait être le meneur de la bande : Vous qui avez été légionnaire, vous n’avez pas le droit de retourner contre des citoyens romains le glaive que Vulcain a forgé dans le but de les défendre. La légion vous a peut-être déplu, mais ne déplaisez pas aux dieux !

Il devait leur donner l’air d’un illuminé voire d’un  prêtre avec ses paroles exaltées mais tant mieux, cela ne ferait que le rendre plus crédible.

- En échange de notre passage, je vous offrirai une ode à la gloire des Dieux afin de vous remontrer le droit chemin. Vous êtes des hommes robustes, vous pouvez travailler la terre et en tirer des fruits qui rendront fiers les dieux et vos semblables. Le vol n’est que facilité et lâcheté, mais vous pouvez encore y renoncer.  Si Mercure est aussi le dieu des voleurs, c’est bel et bien parce qu’il les sait suffisamment talentueux pour exercer des professions autrement plus nobles !

Le récemment baptisé Gnaeus prit alors une grande respiration et fixa un regard bienveillant sur ses interlocuteurs tout en se sentant plutôt fier de son discours. Néanmoins, il atténuait cette légère bouffée de fierté par une méfiance accrue. Il fallait être prêt à réagir rapidement si le combat s’engageait. Et, si tel était le cas, il espérait que les bruits cumulés de son discours puis du combat avaient pu leur ramener un allié potentiel, voire plus.
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Alia Atreides
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MessageSujet: Re: Rêve antique - Césarion   Ven 2 Aoû - 16:19

Le déserteur ricana de façon inquiétante :
Gadd-Gnaeus avait passé le reste du voyage à composer une ode qui parlait d’un asiatique et de sa merveilleuse façon de combattre tout en dansant avec la légèreté de la plume au vent, la rapidité de la gazelle et la précision du cobra…

    « Engagez vous, rengagez vous qu’y disaient… et v’la un grand couillon qui semble y croire à la  grandeur de Rome ! Mon cul tiens. Tu vas tâter de mon glaive à ton tour pour te faire passer l’envie de raconter des conneries. »


Le soldat s’avançait vers Wang-Guó, le glaive en avant, quand celui-ci lui décocha la pierre qui rebondit sur son plastron de cuir avec la puissance destructrice d’une châtaigne qui tombe sur le sol à l’automne. Un rictus moqueur totalement exempt d’humour se dessina sur son visage ; il rugit en fonçant sur Wang qui avait sauté du chariot pour se trouver à la hauteur de son adversaire. Wang para l’attaque grossière avec une rapidité surprenante. Le coup porté sur le bras qui tenait le glaive fut suivi d’un autre coup à la base du menton qui rendit la brute immédiatement inconsciente.

En cas d'attaque, le marchand avait prévu de donner une petite bourse, préparée à l’avance, qui représentait ce que pouvait coûter l’achat d’un chargement de poisson. Au retour, il n'avait aucune inquiétude : le chariot chargé de poissons n'attirerait pas les brigands.
Il fut pris de court par le réaction de ses passagers : ce n’était plus l’heure de discuter. Il tenta d’assener des coups de fouets aux deux brigands qui s’étaient approchés pour arrêter les bœufs. Le premier coup rata son but mais le second gifla durement l’homme au visage, lui infligeant une longue balafre sanglante… un fouet à bœuf ne manquait pas de mordant ! Le troisième coup siffla dans le vide : les malandrins voyant leur chef inanimé et l’asiatique qui venait de désarmer un de leur compère, préfèrent prendre la fuite ; ils n’étaient pas habitués à ce qu’on leur oppose de la résistance et ils se dispersèrent dans les bois touffus.

Le marchand les remercia vivement. Il faillit parler et livrer son secret mais ne le fit pas. Les voyageurs ayant parlé d’un possible voyage en Égypte, il se contenta de confier le nom d’un négociant ami d’Alexandrie, Amýndas d’Amphipolis.
Gadd-Gnaeus avait passé le reste du voyage à composer une ode qui parlait d’un asiatique et de sa merveilleuse façon de combattre tout en dansant avec la légèreté de la plume au vent, la rapidité de la gazelle et la précision du cobra…

    « Si il peut vous aider, dites lui que Calius il Lapidarius, vous doit un service. »

La dessus ils entravèrent les mains du bandit, le chargèrent sur la chariot et décidèrent de le remettre à la première patrouille qu’ils croiseraient.

Gadd-Gnaeus avait passé le reste du voyage à composer une ode qui parlait d’un asiatique et de sa merveilleuse façon de combattre tout en dansant avec la légèreté de la plume au vent, la rapidité de la gazelle et la précision du cobra…

Le voyage vers Ostie se déroula sans autre problème et les amis rejoignirent la taverne de la Galère Rouge vers l’heure où le soleil atteignait le zénith.

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